samedi 11 mars 2017

Les féminisatrices 3: Michelle (Création originale)

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Michelle
Les féminisatrices – Episode 3

Michelle était allongée sur le divan du salon. J'étais sous le choc en regardant son visage ensanglanté. Son père l'avait frappée avec une terrible violence. Je lui tenais la main. Elle ne disait rien, mais je lisais la panique dans son regard, et sa main se crispait fortement dans les miennes, jusqu'à me planter douloureusement ses ongles dans ma paume.
Au bout de quelques minutes, une ambulance est arrivée. Deux hommes en blouse blanche sont entrés et se sont occupés de Michelle. Je voulus m'éloigner, mais Michelle ne me lâchait pas. Ses grands yeux me regardaient avec intensité, et je compris que je ne devais pas la laisser seule.
De son coté, Yvette était suspendue au téléphone, essayant de joindre Doria.
Jusque-là, Michelle et moi n'avions pas été très proches, mais dans cette situation, je comprenais qu'elle ne voulait pas que je la laisse seule.
Après les premiers soins, les deux infirmiers ont déposé Michelle sur un brancard, et voyant que Michelle avait peur, m'ont proposé de les accompagner. Un peu paniquée par cette situation, la main toujours empoignée par Michelle, je regardais en direction d'Yvette, ne sachant pas quoi faire. Yvette me fit signe de les accompagner, me précisant qu'elle viendrait nous rejoindre à l'hôpital dès qu'elle aurait réussi à joindre Doria et Déborah.

C'est ainsi que, quelques minutes plus tard, j'étais seule dans une salle d'attente de l'hôpital. Michelle avait été emmenée pour être soignée en urgence.
Je ne me suis jamais sentie à l'aise les quelques fois où j'étais allée dans un hôpital, même pour une simple visite, mais là, je me sentais vraiment mal. Je n'arrivais pas à contrôler mes mains qui tremblaient, et je n'avais personne contre qui me blottir.
Au bout de quelques interminables minutes, une dame très nerveuse est arrivée, accompagnée d'une infirmière. J'entendis leur conversation. L'infirmière disait:
"Veuillez attendre ici, madame, le docteur viendra vous voir dès qu'il aura fini de s'occuper de votre fille."
La dame répondit en criant:
"C'est mon fils Michel! Pas ma fille!"
"Oui, pardon, madame, votre fils…"
Sur ces mots, l'infirmière quitta la pièce et je me retrouvais seule avec celle que je compris être la mère de Michelle. Je m'approchais d'elle pour essayer de lui parler, mais elle me dit très sèchement:
"Vous, ne m'approchez pas! Vous faites partie de la clique de cette Doria M. qui a fait ça à mon fils!"
Je partis immédiatement m'asseoir dans le coin opposé de la salle d'attente, avec l'envie de disparaître sous terre.


Je ne savais rien de l'histoire de Michelle, mais dans les quelques mots qu'elle avait réussi à me dire dans l'ambulance, j'avais compris qu'elle s'était féminisée comme moi, par amour pour Déborah, mais en cachette de ses parents. En découvrant cela, son père avait réagi avec une grande violence, et sa mère semblait totalement bouleversée.
Les minutes passaient, et j'avais l'impression qu'elles duraient des heures, puis, enfin Doria arriva, accompagnée de Déborah. En voyant Doria, la mère de Michelle cria:
"C'est de votre faute tout ça! Je vais porter plainte contre vous! Vous finirez en prison, espèce de salope perverse!"
Doria, étonnamment calme, répondit simplement:
"Madame, je sais que vous êtes bouleversée, mais ce n'est pas moi qui ai frappé votre fille…"
La mère de Michelle hurlait… Puis finit par se mettre à sangloter:
"MON FILS! PAS MA FILLE! C'est mon fils, mon petit Michel…"
Toujours aussi calme, Doria répondit:
"Madame, si vous connaissiez vraiment votre enfant, vous sauriez qu'au fond de son cœur, elle est une fille… Je suis médecin psychiatre, spécialiste de la transsexualité… Je n'ai fait que l'aider!"
"Comment-osez-vous dire ça! C'est mon fils… MON FILS! Vous l'avez transformé en un monstre!"
J'étais bouleversée par la violence du ton de ce dialogue. Voyant la réaction si brutale de la mère de Michelle, j'eu soudain le sentiment de faire quelque chose de mal en étant féminisé… A ce moment-là, je me suis même sentie sale.
En même temps, ma confiance pour Doria et Agathe fut ébranlée. Agathe m'avait dit quel était la profession de sa mère, mais je réalisais soudain que, grâce à son expérience, Doria avait peut-être endormi ma méfiance pour faire de moi ce qu'elle voulait… Contre ma volonté. Alors que j'avais commencé à me sentir bien dans le rôle d'une fille, mes doutes reprirent soudain le dessus. Je restais silencieuse, sous le choc, pendant un long moment.
Voyant que la mère de Michelle était beaucoup trop bouleversée pour discuter, Doria me prit par la main et m'entraîna vers le couloir avec Déborah. Déborah pleurait doucement, donc, une fois seules dans le couloir, Doria la prit dans ses bras en silence.
Après un long moment, Doria se tourna vers moi et me dit:
"C'est bien que tu sois venue, Michelle avait besoin d'avoir quelqu'un à ses côtés… Je suis fière de toi!"
En d'autres circonstances, ces quelques mots m'auraient fait beaucoup de bien… Mais là, ébranlée comme je l'étais, je fus incapable de me retenir de pleurer. Se méprenant sur la signification de mes larmes, Doria m'attira vers elle et me serra dans ses bras avec sa fille.

Après un long moment, un médecin arriva et nous demanda si nous étions parents de "Michel". Doria répondit que sa mère était dans la salle d'attente, mais que Déborah était la petite amie de "Michel". Le docteur nous dit alors brièvement qu'"il" allait bien, mais qu'il lui faudrait du temps pour se remettre. "Il" avait une pommette fracturée, et le nez cassé… Qu'il faudrait peut-être envisager une opération esthétique pour réparer le nez dans quelques semaines…
Le médecin partit immédiatement en direction de la salle d'attente sans répondre à aucune de nos questions. Doria nous ramena à la maison, Déborah et moi.

Le lendemain matin, après une nuit écourtée par des cauchemars dans lesquels je revoyais le visage ensanglanté de Michelle, je me levais pour découvrir deux hommes dans l'entrée qui parlaient avec Doria.
Yvette m'entraîna par la main vers la cuisine. Je demandais:
"Qui sont ces gens?"
"Des policiers!"
"Des policiers? Pourquoi?"
"Ils enquêtent sur ce qui s'est passé avec Michelle…"
"Ah… Ils vont mettre le père de Michelle en prison?"
"Euh… Pas tout à fait… Ils sont là parce que les parents de Michelle ont porté plainte contre Doria!"
"Quoi!? Mais c'est le père de Michelle qui…"
"Chut, calme-toi, je ne sais pas ce qui va se passer… Mais j'ai peur que Doria n'ait des problèmes…"
Yvette semblait très nerveuse. J'étais, quant à moi, étonnée que des policiers s'intéressent ainsi à Doria, alors que le "méchant de l'histoire" était le père de Michelle:
"Alors… Doria a fait quelque chose de mal?"
"Non, elle n'a rien fait de mal… Mais… Je ne sais pas… Peut-être que le fait de féminiser un jeune garçon est considéré comme un détournement de mineur par la loi?"
"Michelle est majeure! Elle a l'âge de Déborah!"
"Oui, mais elle était mineure quand Doria a commencé à lui donner des hormones… Comme toi!"
Yvette venait à peine de finir sa phrase quand Doria nous appela de l'entrée:
"Je pars avec ces messieurs, ne vous inquiétez pas…"
Sortant de la cuisine, Yvette demanda:
"Est ce que ça va être long?"
Les policiers nous regardèrent sévèrement pendant un bref instant, sans rien dire, avant de sortir avec Doria.
Soudain, j'avais peur… C'était un de ces instants de frayeur où on est incapable du plus élémentaire bon  sens. J'avais peur que les policiers viennent m'interroger… Peur qu'ils ne me séparent d'Agathe… Ou bien qu'ils mettent Doria, ou peut-être même ma mère en prison!!!

Ce jour-là, personne ne quitta la maison. Yvette, Agathe, Déborah, Alexie et moi attendions dans l'angoisse… Incapables de faire quoi que ce soit. La plus angoissée était Déborah… Elle avait peur de ne jamais revoir Michelle.
Pendant de longues heures, nous n'avons eu aucune nouvelle, puis, tard dans la soirée, Doria rentra. Elle semblait très éprouvée. Jusque-là, Doria m'avait toujours parue très forte, avec une personnalité très dominante, mais là, elle avait les traits tirés et les yeux rougis.
Elle nous expliqua brièvement ce qui s'était passé. Les policiers l'avaient longuement interrogée à propos du traitement de Michelle. Elle s'était réfugiée derrière le secret professionnel… Mais elle craignait de nombreux problèmes, ayant traité Michelle comme une transsexuelle, mais sans l'accord de ses parents, alors qu'elle était encore mineure. Elle expliqua qu'elle avait peur qu'une contre-expertise ne décide que Michelle n'était pas transsexuelle, et qu'elle avait reçu un traitement hormonal à tort.
Pendant que Doria nous expliquait cela, son regard croisa soudain le mien… Je ne dis rien, mais je vis dans ses yeux qu'elle comprenait à quoi je pensais à cet instant:
"Et moi? Me donnez-vous mon traitement hormonal à tort? Vous n'avez jamais fait aucune analyse pour savoir si je suis transsexuel!"
Doria me sourit tristement, et me dit que je devrais peut-être retourner chez ma mère pour quelques jours… Le temps que toute cette affaire se calme.

C'est ainsi que, le lendemain soir, je retrouvais mon ancienne chambre. Cette nuit-là, j'eu une fois de plus beaucoup de mal à m'endormir. J'étais heureuse dans ma nouvelle vie, et pourtant je ne cessais de me poser des questions: Est-ce que Doria avait fait quelque chose de mal en me féminisant? Et moi, avais-je fait quelque chose de mal en acceptant si facilement de me laisser faire?
Le lendemain matin, au moment de me réveiller, je trouvais un mot de maman sur la table de la cuisine:
"Ma chérie,
J'ai vu que tu étais très éprouvée par les derniers événements, je t'ai laissé dormir. Je vais essayer de poser un jour de congé pour demain, pour que nous puissions passer un peu de temps ensemble. Tu trouveras un petit plat au frigo que tu pourras réchauffer aux micro-ondes pour midi.
A ce soir,
Je t'embrasse.
Maman."

Ce fut une journée éprouvante. Je ne sais pas ce que j'aurais donné pour ne pas rester seule. Je passais toute la matinée en chemise de nuit, à tourner en rond dans l'appartement… Ne sachant pas comment réagir… Au petit déjeuner, je ne pris pas mes hormones.
L'espace d'un instant, j'eu même l'idée folle d'appeler mes anciens amis! En pensant à cela, je me regardais dans le miroir. J'observais longuement mes cheveux mi- longs, mes sourcils épilés, mes ongles vernis, mes petits seins qui commençaient à se voir sous le délicat tissu de ma chemise de nuit… Je m'imaginais me montrer ainsi à mon ancienne bande de copains… Et l'absurdité de cette idée me fit soudain éclater de rire!
Comme par magie, je retrouvais le moral. Je me lavai, me maquillai d'un trait de crayon autour des yeux, et enfilai la tenue de soubrette que je portais habituellement pour aider Yvette. Je me regardais à nouveau dans le miroir pour voir une jeune femme, habillée d'une petite robe noire, de collants noirs, de mules à talons, et d'un tablier blanc. Je me trouvais belle… Je ne sais pas pourquoi, j'eu soudain envie de soulever ma robe, d'écarter le collant et la petite culotte, et de me masturber. Je commençais à me caresser de la main droite… Et pour la première fois, j'accompagnais cette masturbation en pénétrant mon anus par deux doigts de ma main gauche. Agathe m'avait appris à aimer ce type d'attouchement au point que j'en éprouvais désormais le besoin pour ressentir du plaisir. Après un long moment très agréable, j'accélérais le mouvement de ma main droite pour finalement éjaculer sur le miroir qui me renvoyait mon image.

Je mis un long moment à retrouver mes esprits… Puis je nettoyai tout, réajustai ma tenue, et décidai de ne pas rester inactive. Je passais le reste de la journée à nettoyer l'appartement de fond en comble, à laver, et repasser le linge qui s'accumulait dans la salle de bains… J'eu même le courage de me changer pour sortir, et je dépensais le peu d'argent de poche qui me restait pour acheter des fleurs pour maman.

Je venais de rentrer et de mettre les fleurs dans un vase quand maman rentra à son tour. Elle ne put pas retenir un cri de surprise quand elle vit son appartement nettoyé et rangé. Elle m'embrassa et me prit dans ses bras pendant un long moment.
Elle finit par dire:
"J'ai pris un jour de congé demain… Si nous sortions? Je t'invite au restaurant!"
J'acceptais avec joie… Puis restais indécise un long moment… Ne sachant pas quoi mettre, ce qui fit rire ma mère:
"Ah les filles! Elles mettent toujours des heures à se décider quoi porter!"
"Maman, je t'en prie!"
 Je finis par enfiler une mini-jupe qu'Agathe m'avait offerte, avec un chemisier à fleurs et des collants couleur chair. Je complétais ma tenue par des escarpins que je n'avais quasiment jamais osé mettre, tant les talons étaient hauts et fins. J'accentuais également mon maquillage.
Au moment de sortir, alors que je venais de saisir mon sac à main, maman me regarda un instant en silence, avant de me dire:
"Ma chérie, je suis fière de toi!"

Ma mère était au courant des derniers événements. Nous n'en avons pas beaucoup parlé pendant le dîner. Cependant, au moment du dessert, je restais un instant songeuse en léchant longuement ma cuillère de sorbet. Maman posa sa main sur la mienne:
"Est-ce que ça va, ma chérie?"
"Oui, je me demande seulement… Est-ce que c'est mal?… Je veux parler de Doria, est-ce qu'elle va aller en prison?"
"Je ne sais pas, ma chérie… Mais c'est vrai que si elle a… Féminisé un garçon sans l'accord de ses parents, ce n'est pas bien!"
"Et moi? Est-ce que c'est bien de me féminiser?"
Maman me regarda un instant en silence, puis, finit par me dire:
"Je ne sais pas… Est-ce que tu es heureuse?"
"J'aime Agathe… J'aime bien toute sa famille… Je crois que je ferais n'importe quoi pour elle…"
"Ce n'est pas ce que je te demande… Est-ce que tu es heureuse? Je parle de toi, et de toi seule!
"Je… N'en suis pas sûre… Mais je me sens bien… Beaucoup mieux qu'avant! Mais je ne sais pas si c'est bien!"
"Quand on ne fait de mal à personne, on a le droit de faire tout ce qui peut nous faire du bien! Ce n'est pas mal… Au contraire!"
Après un long moment de réflexion, je demandais à ma mère:
"Maman? Est-ce que tu me préfère en fille ou en garçon?"
"Ce n'est pas ce que je préfère qui est important…"
"S'il te plaît maman, réponds à ma question!"
"Bien… J'ai l'impression que tu es plus épanouie depuis que tu vis en fille… Tu es aussi plus gentille…"
"Donc tu me préfères en fille!"
"Je… Oui, je trouve que tu es mieux en fille… Mais mon avis ne doit pas compter! Fille ou garçon, tu es mon enfant, et je t'aimerais toujours!"

Le lendemain matin, je repris mes pilules au petit déjeuner. En me voyant poursuivre mon traitement hormonal, maman me demanda:
"On dirait que tu as fait ton choix? Tu veux rester une fille?"
"Je ne sais pas… J'ai toujours un peu peur… Mais je me sens bien comme ça!"
Elle s'approcha de moi et me pris dans ses bras:
"J'ai un peu d'argent de côté, ça te dirais, une journée de shopping?"
"Oh oui, maman, j'adorerais!"
C'est ainsi que, une heure plus tard, nous étions toutes les deux en ville, la main dans la main, à faire le tour des boutiques.
Dans une boutique de lingerie, maman m'offrit un ensemble slip brésilien, Wonder Bra, porte-jarretelles et bas, le tout couleur ivoire. D'abord, j'eu la joie de découvrir que le slip brésilien était très confortable pour le maintien de mon petit sexe. Maman et moi avons rougit toutes les deux quand la vendeuse nous expliqua qu'à l'origine, le slip brésilien s'appelle ainsi parce qu'il a été mis à la mode par les travestis de ce pays. La vendeuse avait-elle deviné que j'étais un garçon? Ensuite, je fus très surprise et excitée par la manière dont ma petite poitrine était soudain mise en valeur par le soutien-gorge.
Je décidais de garder ces sous-vêtements sur moi pour la suite de la journée.
Plus tard, maman est tombée en arrêt devant une jolie robe printanière dans une vitrine. Je voyais qu'elle l'adorait, et je pensais qu'elle voulait se l'offrir. Nous sommes entrées dans la boutique, et maman a demandé à essayer cette robe. La vendeuse demanda:
"Bien sûr madame, cette robe est pour vous ou pour votre fille?"
Maman et moi avons répondu en même temps. Je répondis que la robe était pour ma mère, et elle dit qu'elle était pour moi. Un instant surprise, la vendeuse rit de notre confusion, puis nous proposa de passer toutes les deux en cabine d'essayage, précisant que ce serait amusant de voir mère et fille habillées de la même façon. Après un instant d'hésitation, maman accepta, et nous avons toutes deux essayé la même robe. Ce fut une sensation bizarre de me retrouver face au miroir, à coté de maman, avec la même tenue qu'elle. J'avais l'impression de regarder deux sœurs jumelles, d'autant plus que le décolleté de la robe mettait ma poitrine naissante très en valeur.
Alors que j'étais encore en train de m'admirer dans le miroir, ne reconnaissant pas la jolie jeune femme que j'y voyais, maman dit à la vendeuse que nous prenions les deux robes. Elle fit retirer les étiquettes, disant que nous allions les porter immédiatement.

Sur le chemin du retour, j'eu la sensation que toutes les personnes que nous croisions se retournaient sur nous. Je serais la main de ma mère:
"Maman, tout le monde nous regarde!"
"Non, ma chérie, tout le monde nous admire!"
J'étais gênée par tous ces regards, mais petit à petit, je vis qu'ils s'accompagnaient de sourires. Je crois que tous ces gens étaient d'abord surpris en nous voyant, maman et moi, dans la même robe, puis effectivement, qu'ils nous trouvaient belles. C'était une sensation nouvelle pour moi, d'attirer ainsi les regards. J'avais plutôt l'habitude de passer inaperçue. Au départ, ce fut assez désagréable, puis, petit à petit, je commençais à apprécier cette idée que je pouvais plaire, séduire… Que j'étais une jolie jeune femme sur laquelle les garçons se retournaient.

Ces quelques heures avec maman avaient été une fois de plus magnifiques. J'avais complètement oublié mes problèmes… Mais soudain, sur le chemin du retour, le téléphone portable de maman sonna. Elle répondit:
"Allô? Oh bonjour Doria, comment vas-tu?"
"….."
"Euh, oui, je comprends, je… Oui, nous pouvons venir tout de suite… Avec le bus, nous serons là d'ici une demi-heure!"
Elle raccrocha en me regardant, elle avait l'air soucieux. Elle me reprit par la main, me disant que nous devions immédiatement aller chez Doria. Soudain, j'eu la même sensation de peur que quelques jours auparavant. Je demandais à maman:
"Qu'est ce qui se passe?"
"Je ne sais pas exactement, mais Doria dit qu'il faut absolument la rejoindre chez elle!"
Pendant tout le trajet jusqu'à notre destination, j'avais peur, ne sachant pas ce qui nous attendait. Peut-être était-ce grave? Peut-être était-ce la police?

Yvette nous accueillit, et dans le salon, la mère de Michelle nous attendait avec Doria. Elle avait les yeux rougis de larmes. En la voyant je me remis à trembler, comme dans la salle d'attente de l'hôpital.
Je fus très surprise quand, après un long silence, elle se mit à nous parler:
"Je… Pardon… "
Il n'y avait plus aucune agressivité dans sa voix, au contraire, elle semblait très gênée. Elle continua:
"J'ai pu parler avec Michel… J'ai beaucoup réfléchi depuis l'autre jour et… J'ai besoin de comprendre…"
Ses yeux allaient et venaient entre ma mère et moi. Je crois que notre tenue ajoutait à la confusion de la situation. Son regard finit par s'arrêter sur moi:
"C'est Michel qui m'a dit… Vous êtes bien un garçon?"
Je n'osais pas répondre, me contentant de baisser les yeux. Elle continua:
"Vous êtes comme lui… Comme mon Michel?… Vous aussi, vous êtes un garçon qui préfèrerait être une fille ?"
Ma situation était évidemment plus compliquée, mais je répondis, toujours avec les yeux baissés:
"Oui, madame"
"Pardon… Je, je sais que j'ai été agressive avec vous à l'hôpital… Je n'ai rien contre vous… Je voudrais comprendre et vous pouvez m'aider."
Je ne savais pas quoi dire, je l'écoutais en silence. Elle continua:
"Euh… Oui…"
"C'est incroyable, vous êtes si féminine!… Vous prenez des hormones pour ressembler à ce point à une fille?"
Je secouais timidement la tête pour dire oui. Elle se tourna ensuite vers maman:
"Et vous êtes sa mère?"
"Oui madame!"
"Et… Vous approuvez ça?"
Maman hésita un instant, regarda Doria, puis finit par répondre:
"Oui, j'approuve tout ce qui peut rendre mon enfant plus heureux. Je l'aime, garçon ou fille, ça n'a pas d'importance!"
"Et vous croyez qu'il est plus heureux ainsi?"
"C'est à ELLE qu'il faut demander, mais je peux vous dire qu'elle est bien plus épanouie depuis qu'elle vit en fille!"
La mère de Michelle nous regarda longtemps en silence. Maman me tenait par la main, me serrant très fort.
"Vous aimez… Comment dire… Vous aimez être… Une fille?"
Elle semblait aussi gênée que moi, ce qui me rassurait petit à petit. Après un moment, je finis par répondre:
"Oui, madame, j'aime être une fille… Je crois… Que je suis heureuse comme ça!"
Au fond, j'avais toujours des doutes, mais je les gardais pour moi. Elle continua:
"Vous êtes encore bien jeune!… Est-ce que vous savez depuis quand Michel est… Comme vous?"
"Je… Je ne sais pas… Je ne la, pardon, le connais que depuis quelques semaines…"
La mère de Michelle nous regarda encore en silence pendant un long moment. Des larmes commencèrent à couler sur ses joues. Elle continua à parler:
"Mon Dieu! Je n'avais rien compris! Michel doit être si malheureux!… Merci… Je crois que je sais ce que je dois faire maintenant!"
Elle m'embrassa sur la joue, serra la main à maman et partit sans un regard pour Doria.

Doria nous proposa de rester pour dîner, non sans nous avoir fait un compliment pour nos jolies robes.
Agathe et Déborah rentrèrent peu après de leur journée de cours. Déborah était toujours très inquiète pour Michelle, mais Agathe, en voyant ma nouvelle robe, et surtout mon décolleté se jeta sur moi pour m'embrasser avec avidité. Ce n'est qu'après un long moment qu'elle s'aperçut que ma mère nous regardait.
Agathe rougit de tant d'empressement, et j'étais gênée moi aussi d'une démonstration si fougueuse devant maman. Mais elle se contenta de sourire et de continuer la conversation qu'elle avait avec Doria.
Nous étions à table peu après quand le téléphone sonna. Yvette répondit, puis passa le téléphone à Doria:
"Allô?"
"….."
"Je comprends, je suis navrée…"
"….."
"Oh, je vous remercie… Non, non, ne vous excusez pas, je comprends!"
"….."
"Bien entendu qu'elle peut loger ici!"
"….."
"Oui, moi aussi, je veux qu'elle soit heureuse! Merci, à bientôt! Au revoir!"
Tout le monde regardait Doria en silence pendant qu'elle raccrochait le téléphone. Elle avait un large sourire de satisfaction. Elle se tourna d'abord vers Yvette:
"Yvette, pourrais-tu mettre du champagne au frais? Nous avons quelque chose à célébrer!"
Puis, toujours avec ce même sourire de vainqueur, elle nous annonça:
"C'était Valérie, la mère de Michelle. Elle retire sa plainte contre moi!"
Puis après un instant de silence, elle regarda Déborah dans les yeux, et lui dit:
"Mon cœur, tu vas devoir faire un peu de place dans ta chambre. Michelle sort de l'hôpital demain, et elle vient s'installer ici!"
Déborah se jeta dans les bras de sa mère en pleurant de joie. Tout le monde était content que les choses s'arrangent ainsi. Ma mère demanda au bout d'un moment à Doria:
"Et le père de Michelle? Que va-t-il se passer pour lui?"
"Valérie m'a dit qu'elle va demander le divorce! Elle m'a dit qu'elle a porté plainte contre son mari pour violence conjugales… Si j'ai bien compris, son mari la battait depuis des années… Elle n'a jamais rien dit… Mais il semble que les derniers événements ont été un déclic pour elle, et qu'elle s'est décidé à changer!"

Tout le monde était soulagé par la tournure des événements. Cette soirée fut joyeuse et très arrosée. Je ne me souviens pas de toutes les péripéties, j'avais bu trop de champagne, mais dans mes souvenirs, je revois maman dans les bras de Doria au moment où Agathe m'entraînait vers la chambre.
Par contre, je me souviens bien de la nuit qui suivit. Quand Agathe vit que je portais des bas et non des collants sous ma robe, elle sembla très excitée. Elle exigea que je garde mes bas et mon porte-jarretelles pour faire l'amour. Après de longs préliminaires faits de caresses et de baisers langoureux, Agathe me demanda d'essayer un nouveau godemiché, beaucoup plus gros que celui dont j'avais l'habitude. D'abord effrayée par la taille de cet engin, je fus surtout surprise par le fait que c'était un godemiché double. Après de longues hésitations, ponctuées par des fous-rires parce que nous avions du mal à trouver la bonne position pour profiter toutes les deux de ce jouet, nous avons connu ensemble plusieurs orgasmes successifs. Nous nous sommes endormies épuisées, et encore enlacées.

Le lendemain matin, tout le monde se leva assez tard. Il avait été décidé la veille que personne n'irait travailler ce jour-là. Quand j'arrivais dans la cuisine, vêtue d'un simple peignoir, mais toujours avec mes bas, j'eu la surprise de voir que ma mère était là. Elle était à table avec Doria, et leur manière de se comporter à mon arrivée ne me laissèrent aucun doute sur ce qu'elles avaient fait durant la nuit précédente. A mon arrivée, maman retira brusquement sa main de celle de Doria, baissa les yeux et rougit. De mon côté, je repensais à ce que j'avais fait avec Agathe, et j'eu beaucoup de mal à oser regarder maman dans les yeux. La gêne entre nous était palpable.
Heureusement, Agathe, Déborah, Yvette et Doria nous entouraient, et l'ambiance est vite redevenue joyeuse… Même si nous étions plusieurs à avoir mal à la tête ce matin-là!

En fin de matinée, j'enfilais ma tenue de soubrette pour aider Yvette à nettoyer les "dégâts" de la veille. Agathe nous aida à ranger. Maman nous laissa pour se préparer à retourner à son travail l'après-midi. Doria emmena Déborah à l'hôpital pour chercher Michelle.
Quand elle arriva, elle était en garçon, avec un gros pansement sur le nez, et le contour des yeux encore gonflés et bleus. La première chose qu'elle fit, après nous avoir toutes saluées, fut de se changer, d'enfiler une tenue féminine. Quand elle redescendit de sa chambre, elle portait son sac de vêtements, et elle demanda à Yvette de se débarrasser de son contenu. C'étaient ses affaires de garçon. Désormais, elle n'en aurait plus besoin.

Un moment, alors que je venais déposer des draps sales dans la salle de bain pour les laver, je surpris Michelle qui se regardait dans le miroir:
"Oh, pardon!"
"Non, non, ne t'excuse pas. Je regardais mon visage… Je me sens défigurée."
"Euh, oui, mais… Tu verras, dans quelques jours, ça ira mieux!"
"Oui, je sais, tout ça ne sera plus qu'un mauvais souvenir… Mais ça va être long… Je vais devoir subir encore une opération pour mon nez…"
Je restais là en silence. Elle regardait avec attention chaque partie de son visage, puis au bout d'un moment, elle se retourna vers moi avec un grand sourire:
"Je crois que je vais en profiter pour demander au chirurgien de me faire un nez plus petit!… Et puis je vais enfin pouvoir me laisser pousser les cheveux! Plus besoin de me cacher!"
Voyant qu'elle retrouvait le moral, je ressortis de la salle de bain pour poursuivre mon travail. Au moment où je franchis la porte, Michelle me rappela:
"Nicole, au fait… Je ne t'ai pas encore remerciée!"
"Remerciée pour quoi?"
"Tu es restée avec moi dans l'ambulance… Tu m'as beaucoup aidée ce jour-là… Alors, merci!"
Après avoir échangé un sourire avec Michelle, je retournais à mes occupations.

Dans les semaines qui suivirent, je retrouvais ma routine journalière. Le matin, j'aidais Yvette à faire le ménage, et l'après-midi, je révisais mes cours pour préparer mon entrée au lycée l'année suivante. La seule différence, c'est que Michelle restait avec moi, en attendant que ses blessures guérissent. Agathe et Déborah nous délaissaient un peu parce qu'elles avaient beaucoup de travail. Leurs examens de fin d'année s'approchaient à grands pas et elles passaient beaucoup de temps à réviser.
Avec Michelle, nous avons passé des heures à parler de nos joies, de nos peines, de nos doutes…

……….

Michelle m'a raconté son histoire, et je fus surprise d'apprendre que tout avait commencé très tôt:
"J'ai rencontré Déborah au collège, à mon entrée en sixième. Nous étions dans la même classe. Un jour, le professeur d'histoire-géo, une vieille fille féministe, nous a désigné pour faire équipe dans la rédaction d'un exposé sur la vie quotidienne des femmes dans la Rome antique. Je suis donc venu très souvent ici pour travailler les mercredis après-midis avec Déborah. Nous sommes très vite devenus de bons amis, et j'aimais beaucoup passer mon temps libre avec elle. J'ai donc continué à passer mes mercredis après-midis avec Déborah, même après avoir fini notre exposé.
Je me souviens du thème de l'exposé parce que nous avons appris en le rédigeant que les femmes à l'époque de la Rome antique n'avaient pas plus de droits que les esclaves. A l'époque, je n'étais qu'un petit garçon ignorant, et j'ai donc fait des réflexions stupides et machistes… En présence de Doria! Tu connais Doria… Elle a voulu me donner une petite leçon.
Le mercredi suivant, Déborah et moi n'avions pas beaucoup de devoirs. Doria nous a proposé d'aller aider Yvette qui faisait des gâteaux dans la cuisine. Bien sûr, l'idée de manger des bons gâteaux à peine sortis du four m'a fait accepter avec enthousiasme. C'est là que Doria m'a dit que selon les principes que j'avais si brillamment exposés la semaine précédente, ce n'était pas un travail de garçon, et que donc, je ne pourrais pas participer! Bien entendu, j'en avais très envie… Et surtout de goûter toutes ces bonnes choses… J'ai donc essayé de négocier. Doria m'a autorisé à participer si j'acceptais de jouer le rôle d'une fille durant tout l'après-midi. J'ai hésité, mais la perspective de me régaler m'a finalement poussé à accepter. J'ai donc passé tout l'après-midi déguisé en fille, dans une robe que Déborah m'avait prêtée.

Le mercredi suivant, quand je suis arrivé, Déborah m'attendait avec une nouvelle robe, qu'elle m'a aidé à enfiler. J'ai accepté assez facilement ce nouveau déguisement. Pour moi, c'était un jeu. Déborah et moi n'étions encore que des enfants. Nous avons fait nos devoirs, puis nous avons joué ensemble pendant le reste de l'après-midi. Le soir, je me suis changé avant de rentrer chez moi. Après, c'est devenu une habitude. Quand je venais passer mes après-midis ici, je m'habillais d'abord en fille.
Je me souviens que Doria m'a fait promettre de ne rien dire à mes parents. J'ai appris récemment qu'elle avait essayé d'en parler plusieurs fois avec ma mère au cours des années, mais comme maman n'a jamais été très ouverte à ce propos, Doria a décidé de continuer en cachette.
Mes parents travaillaient tous les deux, ils étaient ravis que quelqu'un s'occupait de moi. Mon père trouvait très bien que j'avais déjà une petite copine malgré mon jeune âge… Pour lui, j'étais un vrai petit mec, une grande fierté… S'il avait su!
Doria a même eu l'autorisation de m'emmener plusieurs fois en vacances. Pour moi, c'était l'occasion de partir de chez moi: mon père a toujours été violent, et il me faisait peur. Mais à chaque fois, je passais l'intégralité des vacances en fille. Au début, j'étais gêné, mais j'ai fini par m'habituer, et même, grâce au soutien de Déborah, j'ai commencé à apprécier cette situation. Non seulement je m'entendais bien avec elle, mais en plus je vivais des expériences très excitantes. Le fait de vivre en fille pendant les vacances était devenu pour moi une manière supplémentaire de voyager, de découvrir d'autres sensations.
Petit à petit, Déborah et moi avons aussi commencé à flirter ensemble… De manière encore très innocente. Nous n'étions encore que des enfants.

Un jour où nous étions ensemble au bord de la piscine, j'ai demandé à Déborah de retirer le haut de son bikini pour que je puisse voir ses petits seins qui commençaient à peine à se développer. Doria nous surpris alors que je caressais sa poitrine. D'abord, elle avait l'air fâchée, mais très vite, elle m'a demandé ce que je ressentais. Je crois qu'elle a compris avant moi que je ne caressais pas cette poitrine comme un garçon l'aurait fait, mais comme quelqu'un qui désirait posséder la même.
Doria m'a aussi demandé ce que je ressentais en regardant les autres garçons, les 'grands' qui avaient débuté leur puberté. Je lui ai expliqué avec mes mots d'enfant mon angoisse à l'idée de ressembler à ces petits mecs boutonneux, au visage qui se couvrait de poils disgracieux, à la voix étrange, parfois grave par intermittence, mais pas encore masculine.
Elle m'a demandé si je préfèrerais ressembler à sa fille. Je crois qu'elle sentait à quel point je me sentais vraiment proche de Déborah, j'aimais bien m'habiller en fille, jouer à lui ressembler, et petit à petit, je crois que j'ai fini par vouloir être comme elle… Une fille.
Quelques jours plus tard, elle m'a emmené chez son amie et gynécologue Sylvie. Elles ont parlé de beaucoup de choses que je n'ai pas comprises. Mais j'ai compris qu'il existait des médicaments qui pouvaient me faire ressembler à une fille, mais qu'il était trop tôt pour moi d'en prendre, d'autant plus que mes parents n'auraient pas été d'accords. Doria m'a demandé à ce moment-là de répéter ce que je lui avais dit à propos des garçons plus âgés. Sylvie m'a alors proposé un médicament qui peut retarder la puberté, que j'ai accepté de prendre.

Dans les mois et les années qui ont suivi. Je grandissais normalement, mais grâce au traitement prescrit par Sylvie,  ma voix ne muait pas. Sur les conseils de Doria, je m'épilais régulièrement, y compris les sourcils, mais comme je le faisais depuis que j'étais enfant, personne ne s'est rendu compte que c'était anormal, pas même mes parents. Ils ont sans doute simplement cru que je resterais glabre.
Mon père s'est parfois inquiété de voir que je 'ne devenais pas un homme', mais ma mère le rassurait en disant que c'était normal, que les effets de la puberté sont assez tardifs chez certaines personnes.
Avec l'âge, nos flirts avec Déborah sont allés plus loin… Nous avons appris l'amour ensemble… Et je n'ai jamais aimé personne d'autre!

Pour mes seize ans, Sylvie m'a donné un nouveau traitement à prendre: un traitement hormonal. Très vite, j'ai eu la joie de doucement voir apparaître des formes féminines. Quand je venais ici, passer mon temps libre avec Déborah, je pouvais enfin m'habiller en fille sexy, et montrer fièrement mes nouvelles formes. Quand je rentrais chez mes parents, je me bandais les seins pour qu'ils ne se rendent compte de rien… J'avais bien trop peur de la réaction de mon père… Et j'avais raison! L'autre jour, il m'a surprise torse nu dans la salle de bains… Tu connais la suite!"

……….

J'étais très émue à la fin de l'histoire de Michelle. Nous avions tant de choses en commun. Mais en même temps, j'eu une sensation curieuse: la sensation que, comme moi, Michelle avait été féminisée contre sa volonté… En douceur, par des méthodes de persuasion très douces, mais clairement contre sa volonté. Malgré les joies que m'apportait ma nouvelle vie, mes doutes ne me quittaient jamais complètement. Plus j'en apprenais sur cette étrange famille, plus j'avais des doutes.
Heureusement, l'amour d'Agathe me faisait tout oublier, et je crois que j'étais heureuse. Cependant, j'allais bientôt découvrir un autre aspect de ma vie de fille: la visite chez la gynécologue.

Un matin, Yvette m'emmena dans un laboratoire d'analyses pour une prise de sang. Quelques jours plus tard, c'est avec ma mère que je me suis rendue à mon premier rendez-vous avec le docteur Sylvie R., la gynécologue dont plusieurs personnes m'avaient parlé.
Une jolie jeune femme brune en blouse d'infirmière nous accueillit et nous fit asseoir dans la salle d'attente. Maman me pris la main dans la salle d'attente. Je crois qu'elle était aussi anxieuse que moi.
Au bout de quelques minutes, elle revint et nous annonça que le docteur R. allait nous recevoir. Sylvie R. était une belle femme d'environ quarante ans. Elle avait un regard très doux qui me rassura tout de suite, et pourtant une voix forte, pleine d'autorité. Après les salutations d'usage et quelques banalités sur la météo, et sur le printemps qui était exceptionnellement clément cette année, le docteur nous annonça que mes résultats sanguins étaient excellents, et que mon corps réagissait très bien au traitement hormonal. Elle demanda ensuite à ma mère de ressortir pour pouvoir m'examiner. J'étais très intimidée d'être seule devant cette femme.

Elle me demanda de me déshabiller, ce que je fis, mais sans enlever mes dessous (une petite culotte imprimée à fleurs et un soutien-gorge assorti). Voyant ma gêne, elle eut un petit rire:
"C'est la première fois pour vous, je sais que c'est difficile, mais il faut tout enlever!"
Je m'exécutais, sentant que je rougissais. Elle m'examina longuement, surtout la poitrine. Puis elle me fit allonger sur la table gynécologique. Je n'avais jamais vu ce genre de chose mais le docteur, qui avait manifestement l'habitude, m'aida à m'asseoir, puis à placer mes jambes dans les étriers. C'était une sensation bizarre d'être allongée sur cette espèce de divan, les jambes écartées, à la merci de cette femme. Elle me laissa dans cette position pendant quelques minutes pour répondre au téléphone, avant de revenir s'occuper de moi, ce qui ajouta encore à ma gêne. Quand elle revint, après avoir enfilé des gants de chirurgien, elle examina mon sexe, s'attardant sur mes testicules. Elle me posa énormément de questions très intimes:
"Est-ce que vos testicules sont parfois douloureux?"
"Euh, non, docteur."
"Est-ce que vous parvenez à avoir des érections?"
J'étais très gênée par ses questions, mais je parvins à lui répondre:
"Oui… Mais…"
"Vous n'y arrivez pas toujours, c'est cela?"
"Oui…"
"Bien, bien, ne vous inquiétez pas, tout est normal!"
"Ah…"
Après un instant de silence, elle me demanda, tout en me pénétrant l'anus avec un, puis trois doigts:
"Vous pratiquez la sodomie?"
Ma voix resta étranglée dans ma gorge, tant je fus surprise par cette intromission. Je ne pus que faire "oui" d'un signe de tête.
Elle me massa longuement la prostate, m'expliquant que c'était ce petit organe qui décuplait mon plaisir quand j'étais pénétrée. Elle parlait de tout cela sans aucune gêne apparente, et tout en l'écoutant, je sentis soudain monter un orgasme qui me submergea et dura pendant toute la durée de son massage.
Elle s'arrêta quand son infirmière entra dans la pièce:
"Paaarfait! Vous pouvez vous rhabiller!"
Je savais que le docteur savait que j'étais un garçon… Mais d'être nue devant son infirmière fut une nouvelle épreuve pour moi. Je me rhabillais très rapidement, en essayant de cacher au plus vite mes parties intimes.

Le docteur fit revenir ma mère, et lui annonça que tout allait parfaitement bien. Elle annonça même que malgré sa longue expérience, elle n'avait jamais vu de patiente qui supportait si bien le traitement hormonal, et qu'elle allait donc pouvoir augmenter mon dosage.
Elle nous salua, et nous demanda de voir son infirmière afin de prévoir le prochain rendez-vous. Peu après, nous étions dans le hall d'accueil. L'infirmière était penchée sur son ordinateur et nous proposait des dates pour le prochain rendez-vous. Parfois, elle levait rapidement les yeux et me regardait avec un étrange sourire qui me mettait très mal à l'aise. Devinant sans doute mes pensées, elle me dit:
"Ne soyez pas gênée, vous êtes une très jolie jeune fille, et vous allez devenir une très belle femme… Vous savez, j'ai l'habitude de voir des personnes dans votre… Situation!"
Je l'écoutais, ne sachant pas comment réagir, je bredouillais maladroitement:
"Oui, j'imagine que vous avez l'habitude…"
"Oh oui, j'ai l'habitude! Beaucoup de patientes du docteur R. sont en réalité des garçons!… Et il y a même un garçon chez ses employées!"
D'abord, je ne réalisais pas vraiment la signification de cette dernière phrase, puis je croisais à nouveau le regard de l'infirmière, et elle me fit un clin d'œil.
C'était impossible! Cette magnifique jeune femme en tenue d'infirmière était un garçon! Je n'osais admettre ce qu'elle venait de me dire à demi-mot. Je restais bouche-bée à cause de cette révélation, cherchant comment formuler les milliers de questions que je voulais soudain lui poser, mais, ayant convenu du rendez-vous suivant, maman remercia et salua avant de me prendre par la main et de m'entraîner vers l'extérieur.

Pour me remettre de mes émotions, maman m'emmena chez le coiffeur, et m'offrit un "relooking" complet. Pour la première fois depuis que j'avais commencé à me laisser pousser les cheveux, j'eu droit à une nouvelle coiffure. C'était une coupe au carré assez sage, avec quelques mèches blondes décolorées qui apportaient un petit grain de folie.
Je trouvais la jeune fille que je voyais dans le miroir très jolie. Je ne parvenais plus à trouver le moindre indice qui pouvait laisser supposer que j'étais un garçon. Je me trouvais belle, je me sentais bien, et pourtant, au fond, je me demandais toujours si c'était bien de me laisser féminiser ainsi.
Une fois de plus, c'est Agathe qui me fit oublier mes doutes le temps d'une nuit avec elle. Ses révisions l'avaient poussée à me délaisser quelque peu durant les jours précédents, mais quand elle vit ma nouvelle coiffure, elle ne put pas résister à la tentation de faire l'amour avec moi. Je ne sais pas si c'est le fait que nous n'avions pas fait l'amour depuis longtemps, mais Agathe se déchaîna particulièrement cette nuit-là.
Le lendemain matin, voyant mon état de fatigue et toujours très compréhensive, Yvette me laissa dormir… Non sans avoir massé mon anus endolori avec sa crème miracle et m'avoir introduit un tampon hygiénique.

Quelques jours plus tard, Michelle était allée dans une clinique de chirurgie esthétique pour son nez. Je pris le bus pour aller la voir. Quand j'entrais dans sa chambre, son visage était couvert de pansements, mais elle semblait très heureuse, et impatiente de découvrir son nouveau visage.
Nous discutions tranquillement quand Valérie, sa mère, est entrée dans la chambre. Pour la première fois depuis notre première rencontre, cette femme me salua avec le sourire. Elle avait beaucoup changé ces dernières semaines. Alors qu'elle avait eu tant de mal à accepter la féminité de Michelle, elle semblait maintenant enthousiaste. Je fus très étonnée quand elle annonça à Michelle qu'elle allait lui offrir des prothèses mammaires! Michelle semblait ravie. Elle dit en riant qu'elle aurait bientôt des seins plus gros que Déborah!
Nous avons passé une partie de l'après-midi à discuter joyeusement. Valérie se révéla être une femme pleine d'humour et de joie de vivre. A la fin de l'après-midi, elle me dit qu'elle devait encore voir Doria dans son cabinet, et me proposa de l'accompagner.
Sur le chemin, Valérie m'expliqua que Doria, en tant que psy, devait encore donner son accord pour faciliter la prochaine opération de Michelle, et qu'elle voulait la voir pour cette raison.

Je suivis Valérie jusqu'au cabinet de Doria. C'était la première fois que je venais là. Je pensais découvrir un cabinet de psy, comme on les voit à la télévision, avec un bureau, un divan… C'était le cas, mais une surprise de taille m'attendait. A l'accueil, je fus étonnée, on peut même dire abasourdie en voyant la secrétaire de Doria. Elle ressemblait à s'y méprendre à l'infirmière de la gynécologue que j'avais vue quelques jours auparavant!
Doria nous accueillit. Elle me dit que je pouvais l'attendre, que sa journée était presque finie, et qu'elle me ramènerait avec elle. Puis elle fit entrer Valérie dans son bureau. Je restais seule face à la secrétaire. J'étais fascinée par sa ressemblance avec l'infirmière, et je la regardais avec insistance, au point qu'elle parut soudain gênée:
"Quelque chose ne va pas?"
"Oh, pardon… Je… Vous ressemblez beaucoup à quelqu'un que j'ai rencontré l'autre jour!"
"Ah oui? Qui donc?"
"Je ne connais pas son nom… Elle est infirmière chez ma gynécologue…"
"Je m'en doutais, en fait c'est ma sœur jumelle!"
Toujours fascinée par cette ressemblance, je restais un moment silencieuse, et je continuais à la fixer. Je finis par trouver le courage de lui demander:
"Pardon… Je… J'ai cru comprendre que votre sœur est… Pardon j'ai peut être mal compris…"
Elle me fit soudain un grand sourire:
"Oh, je comprends ce que vous voulez dire! Vous êtes, vous aussi, l'une des 'protégées' de Doria!… Je suppose que vous êtes la petite amie de l'une de ses filles?"
"Euh… Oui…"
"Eh bien nous avons des tas de choses en commun!"
Voyant mon étonnement, elle eut un petit rire, et continua, à voix basse:
"Oui, ma sœur était un garçon… Et j'étais un garçon avant de rencontrer Doria… il y a longtemps! "

Je ne pus pas lui en demander plus. Doria ressortit de son bureau, accompagnée de Valérie. Valérie nous salua et partit. Doria demanda à sa secrétaire de fermer le cabinet, puis me demanda de la suivre pour rentrer à la maison.
Dans la voiture, seule avec Doria, j'eu enfin le courage de lui demander:
"Pourquoi faites-vous ça?"
"Pourquoi je fais quoi?
"Eh bien, je veux dire… moi, Michelle, Yvette… Et même votre secrétaire…"
Doria ne répondit rien pendant un long moment. Elle semblait réfléchir. Au bout de longues minutes, elle finit par me dire:
"Pourquoi? C'est difficile à dire, mais je crois que tu es une fille intelligente, je crois que tu peux comprendre certaines choses… Je t'expliquerais…. C'est une longue histoire! Je te raconterais un de ces jours!"

Quelques jours plus tard, Agathe et Déborah allaient passer leurs examens, Alexie allait revenir de son internat, Michelle allait revenir de la clinique et nous allions être toutes réunies pour les vacances d'été. J'espérais également que Doria prendrait le temps de répondre à mes nombreuses questions…


La suite des aventures de Nicole, son été torride, et l'histoire de Doria dans le quatrième épisode des "Féminisatrices"

1 commentaire:

  1. Cette suite d'histoires sont vraiment très bien écrite

    Même ci les premières partie sont dur elle finisse toujours bien

    Mais J'avoue que j'ai toujours été très sensible à des Histoires parfois dures dans la récit

    Parfois me ramène à mon père qui m'a déjà vie. Souvent dérouiller à grand coups de claque et torgnole

    CES peux pour cela que cette histoire la me touche beaucoup plus

    Merci à toi Petit Pierre

    Peux être que ci certaines personnes lisais ces récit la on aurait moins de merde à faire accepter certain choix de vie

    Je doit dire que malgré que l'on est dans monde libre etc

    J'AI déjà été nager seul en picscine public avec un maillot une piece couleur orange de marque speedo endurence qui m'avait été offert par ma mère

    J'AI apprécié de le faire plus. Mais même si on vis dans un monde libre

    Par la suite on m'a bien vite fait comprendre que ce n'est pas une tenue accepté pour un homme dans une piscine public

    J'AI tout essayé pour défendre mon point de vue

    Ps je suis dans une vile étudiantes et catholiques

    Mais voir un mec pleins de poils avec juste qui devient vite presque un strings n'a sois disant rien de choquant.........

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