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vendredi 24 mars 2023

Un peu de culture (5)

Pour ceux qui ne l'auraient pas vu, ce dimanche soir, sur FRANCE 2, vous pourrez découvrir le joli film signé Ruben Alves:

MISS

 L'histoire d'un garçon qui rêve depuis tout petit de devenir Miss France

Le jeune acteur Alexandre Wetter est magnifique dans ce film.







 

samedi 1 juin 2019

Un peu de culture (4)


Une pionnière de la transsexualité: Christine Jorgensen


Elle est la première femme transgenre à avoir été mondialement connue. Et la première a avoir évoqué publiquement son opération de réassignation sexuelle. Née en 1926 à New York, Christine Jorgensen se sent dès le plus jeune âge prisonnière d'un corps qui n'est pas le sien.
Après son bac et son service militaire, elle s'intéresse à la réassignation sexuelle. Et entend parler des travaux d'un médecin danois, Christian Hamburger, qui a expérimenté une thérapie hormonale. "J'étais un peu nerveuse parce qu'à cette époque, il y avait beaucoup de personnes qui assuraient que j'étais folle", racontera-t-elle plus tard dans une interview.
Elle se rend au Danemark et le rencontre. Il est le premier médecin à ne pas parler d'homosexualité à son sujet mais évoque clairement sa transidentité. Longtemps, le secteur médical a eu tendance à mélanger orientation sexuelle et identité de genre. "Pour le docteur Hamburger, tout cela n'avait rien de bizarre", dira-t-elle. Il l'encourage dans sa transition de genre.
Sous son contrôle, elle entame une thérapie de substitution hormonale, une première. Puis elle est opérée. C'est un succès. L'équipe en charge de l'intervention s'est basée sur les conclusions d'un précédent en Allemagne, en 1930, mais qui avait échoué. (Lili Elbe, dont j'ai parlé précédemment dans cette rubrique).
"Il semble qu'il n'y ait pas eu de complication ni d'effets secondaires, ce qui est tout à fait formidable compte tenu du stade primitif où en était les choses à cette époque"
 
Pour Christine Jorgensen, c'est un soulagement. Elle le raconte dans une lettre à ses parents, qui la soutiennent. "La nature a commis une erreur que j'ai corrigée, et maintenant je suis votre fille." Elle choisit son prénom en hommage à son médecin. 
Lorsqu'elle retourne aux États-Unis en 1953, la jeune femme de 27 ans est une célébrité. À sa descente d'avion, elle remercie la foule de curieux et de journalistes, mais estime que tout ce battage médiatique est excessif.
Son histoire captive et fascine. Elle devient actrice, artiste de music-hall et enregistre plusieurs chansons. Elle a même son propre spectacle et chante "I Enjoy Being a Girl", (J'adore être une fille). La vaste publicité autour de sa transition lui apporte une certaine notoriété: elle fréquente Roger Moore et se fait une place à Hollywood. Elle est de tous les événements mondains et est élue Femme de l'année par la société scandinave de New York. "J'imagine qu'ils voulaient tous jeter un œil", dira-t-elle.
Mais à l'époque, la transidentité est encore taboue et Christine Jorgensen essuie de nombreuses remarques et moqueries transphobes telles que "Christine Jorgensen est allée à l'étranger, et elle en est revenue gonzesse" ("Christine Jorgensen went abroad, and came back a broad", "abroad" signifiant "à l'étranger" et "a broad" faisant référence à une femme dans un registre vulgaire). Le New York Daily News la présente comme la première bénéficiaire d'un "changement de sexe" et titre en première page "Un ex-GI devient une ravissante blonde".
Un jour qu'elle est invitée à participer à une émission de télévision, l'animateur l'interroge sur sa vie amoureuse et évoque son "épouse", elle quitte le plateau sur le champ. Il se retrouve seul pour le reste de l'émission. 
Si sa vie professionnelle est une réussite, sa vie amoureuse est moins heureuse. À l'annonce de ses fiançailles avec l'homme qu'elle aime, il perd son emploi. Alors qu'ils souhaitent se dire "oui", l'autorisation de mariage leur est refusée au motif que l'acte de naissance de Christine Jorgensen la présente toujours de sexe masculin. Le couple se sépare. "Je n'ai toujours pas trouvé le bon", balaiera-t-elle pudiquement face aux journalistes.


Christine Jorgensen se produit sur scène jusqu'en 1984 et milite pour la reconnaissance des personnes LGBTQI, se rend souvent sur des campus universitaires. Quelques années avant sa mort (cinq ans plus tard à l'âge de 62 ans d'un cancer) elle retournera au Danemark et rendra visite à l'équipe médicale qui a accompagné sa transition. Lors d'une conférence de presse, elle évoquera son expérience: 
"Nous n'avons pas commencé la révolution sexuelle mais je pense que nous lui avons donné un bon coup de pied aux fesses."


vendredi 19 janvier 2018

Un peu de culture (3)

Un travesti malgré lui:

LE CHEVALIER D'EON

(Article trouvé dans une revue datant de 1985: Le Crapouillot - Nouvelle série N°82) 




L'ANNEE 1777 amena chez Rose Bertin, la "marchande de modes" de la reine Marie-Antoinette, un client dont la personnalité intrigua les contemporains et continue à intriguer les historiens: le chevalier ou la chevalière d’Eon...
A la suite de ses démêlés à Londres avec l’ambassadeur de France, comte de Guerchy, le chevalier, chargé d’affaires de Louis XV, devint l’ennemi irréconciliable de ce haut personnage. Quand le comte mourut, son fils hérita de sa haine, tant et si bien qu’après la mort de Louis XV, l’annonce du retour en France du chevalier d’Eon provoqua la colère du jeune Guerchy
qui lança un défi à mort à celui qui avait, disait-il, bafoué son père... La comtesse de Guerchy, affolée, pria le roi de France, Louis XVI, d’empêcher ce duel, étant donné la réputation d’escrimeur remarquable du fameux chevalier.
Louis XVI accepta d’intervenir et, par l’entremise de Beaumarchais, il fit signer au chevalier d’Eon une convention par laquelle il s’engageait à ne plus porter que des vêtements féminins, dès son retour en France, vêtements qu’il était contraint de reconnaître pour ceux de son sexe et qu’il avait portés durant son séjour en Russie... 

(Il avait été agent du "secret du roi", les services secrets de l'époque, auprès de Catherine de Russie, oùil aurait porté le costume féminin sous l'identité de Lia de Beaumont")

Le chevalier d'Eon, officier de dragons
 
Le chevalier d’Eon quitta Londres le 13 août 1777. Il arriva à Versailles le 17, portant encore son uniforme de capitaine de dragons. M. de Vergennes, en le recevant le 27 du même mois,
lui remit un ordre péremptoire : "De par le Roi. Il est ordonné à Charles-Geneviève-Louise-Auguste, André, Thimothée d’Eon de Beaumont de quitter l'habit uniforme de garçon qu’il a coutume de porter et de reprendre les habillements de son sexe, avec défense de paraître dans le royaume sous d’autres habillements que ceux convenables aux femmes. Signé : Louis.
Contresigné : Gravier de Vergennes."
Le chevalier d’Eon, ayant prétexté qu’il ne possédait pas les fonds nécessaires pour se constituer un trousseau convenable, Marie-Antoinette s’interposa et dit : "Eh bien, je me charge de son trousseau !..." Elle lui envoya un éventail accompagné d’une jolie somme : 24 000 livres.
"Dites-lui, précisa-t-elle au messager qu’elle chargea de lui porter ce cadeau, que, pour remplacer son épée, je l’arme d’un éventail et je la fais chevalière!"
La reine l’adressa à la célèbre "marchande de modes", Rose Bertin. D’Eon fut très bien accueilli par la grande couturière et, le 29 août 1777, il écrivit à M. de Vergennes un petit compte rendu de sa visite: "Monseigneur, (...) Pour obéir plus promptement aux ordres du roi que vous m’avez signifiés, ainsi que M. le comte de Maurepas, j’ai retardé de quelques jours
mon voyage en Bourgogne. Le peu de hardes de fille qui me restaient ne pouvaient plus me servir pour me présenter à Versailles, il m'en fallait de nouvelles.
Mlle Bertin, attachée au service de la reine, aura l'honneur de vous dire demain, Monseigneur, qu'elle se charge, non seulement de me la faire pendant mon absence, mais encore de faire de moi une fille passablement modeste et obéissante…
… Après le ciel, le roi et ses ministres, Mlle Bertin aura le plus de mérite à ma conversion miraculeuse.
Je suis, avec un profond respect, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur…
Signé: Le chevalier d'Eon pour peu de temps encore…"
 
La "chevalière d'Eon"

A la date du 7 septembre 1777, on lit dans "Les Mémoires secrets":
"On sait que l'on garnit deux robes au chevalier d'Eon chez la demoiselle Bertin, la marchande de modes de la reine, et qu'il a déjà soupé chez cette ouvrière une fois habillé en homme, et l'autre vêtu en femme, sorte d'accoutrement dans lequel il a fort mauvaise grâce. Quoiqu'il en soit, tout concourt à confirmer que son vrai nom seul est le féminin…"
L'auteur des faux "Mémoires de Léonard" ne manqua pas de relater le fait, en l'agrémentant à sa façon, et en y mêlant son personnage, le perruquier Léonard.
La présence de cet artiste capillaire n'est pas prouvée, alors que l'on connait le nom du perruquier qui fut chargé de composer pour la chevalière d'Eon une "coiffure à triple étage". Il se nommait Brunet et il exerçait à Versailles, où il habitait dans la rue de la paroisse.
Le récit de la visite du chevalier à Mlle Bertin est cependant très amusant: "Dans les derniers jours d'août, Mlle Bertin m'engagea à souper chez elle pour le lendemain, me prévenant que je me trouverais avec un convive. Je me rendis donc le jour suivant chez mon amie, et j'y trouvais, en effet, un officier de dragons, assez laide de figure, mais parfaitement fait, et dont la conversation facile, brillante, universelle annonçait un homme d'un mérite fort étendu… Je crus que le dragon… avait sollicité la main de la marchande de modes…
… Pendant que les domestiques faisaient le service, je demandais à mon amie pourquoi ce monsieur était là. Mlle Bertin, répondant à ma question par une autre, demanda dans quel but je disais cela… Enfin, la mystérieuse modiste finit par me dire: "Demain, Monsieur Léonard… vous connaitrez le mot de l'énigme… Je vous attendrais encore à souper… Le lendemain… mon amie n'avait pas pour convive le capitaine de dragons, mais bien une grosse, grande, laide dame qui, du reste, ressemblait beaucoup à l'officier de la veille… "Allons, pensais-je, c'est la mère du prétendu…"
- Eh bien monsieur Léonard, me dit Mlle Bertin en riant, est-ce que vous ne me confierez pas le motif de votre préoccupation?
- Je présume, Mademoiselle, que vous le soupçonnez un peu…
- Sans doute; mais, mon ami, pour un homme attaché à la cour, vous êtes bien peu au courant de ce qui s'y passe, si vous ne savez pas que jeudi dernier, on présenta au roi M. le chevalier d'Eon, dont, par ordre de Sa Majesté, j'ai dû m'efforcer de faire une femme, au moins par l'habit… Lorsque, hier matin, en traversant mon magasin, vous me demandâtes pour qui étaient les robes que mes demoiselles garnissaient avec tant de célérité, j'aurais pu vous répondre: pour un capitaine de Dragons!... Et Mme la chevalière d'Eon vient, pour la première fois, d'endosser les habits de son sexe!"
Il y a dans ce récit bien de la fantaisie, mais il y a surtout une erreur historique: le chevalier n'a jamais été présenté à Louis XVI.
C'est à contrecœur qu'il endossa ces fameux habits féminins, ainsi que le prouve une lettre adressée par lui au comte de Vergennes: "C'est un habit de deuil et non un habit de fête… Je veux bien me vouer au malheur, mais non au ridicule!..."
Il quitta Paris pour aller à Tonnerre passer quelques jours avec sa vieille mère. Arrivé le 2 septembre, il y séjourna pendant un mois et demi. Pendant ce voyage, Mme Barmant lui faisait baleiner des corsets et Mlle Bertin surveillait la confection de ses robes du soir!
Une semaine après son retour de Bourgogne, il reprit "sa première robe d'innocence" pour paraître à Versailles, ainsi que l'avaient ordonné le roi et ses ministres.
Un rédacteur de "l'espion anglais" constate que la chevalière portait, pour la circonstance, une robe noire: "Elle est en robe noire, comme veuve du secret de Louis XVI… Elle a la gorge couverte jusqu'au menton pour qu'on ne s'aperçoive pas si elle en manque…"
 Contrairement aux diverses légendes, le chevalier ne prenait aucun plaisir à ce travestissement et s’habituait fort mal aux parures féminines. C’est ainsi qu’il écrivait à la fin de cette année 1777, au marquis d’Autichamp, son ancien colonel : "La perte de ma culotte de peau m’est très sensible. Jamais jupe de soie, ou de fil d’or ou d’argent, quoique faite par Mlle Berlin ne pourra me consoler..."
Mlle Bertin ne demeura pas le fournisseur attitré de la chevalière d’Eon qui, avec des revenus assez modestes, préféra s'adresser à une modiste moins chère, connue sous le nom
d'Antoinette Maillot.
En 1778, lorsque la guerre devint imminente entre la France et 1'Angleterre, le chevalier d’Eon demanda à reprendre son grade et son uniforme de capitaine de dragons.
Pour toute réponse, on l’enferma deux mois dans le château de Dijon.
En 1784, il regagna l’Angleterre qu’il ne devait plus quitter.
Plus tard, à la Convention, au premier Consul, il demanda la faveur de défendre son pays, les armes à la main, mais cet honneur lui fut constamment refusé.
En réalité, le capitaine de dragons ne parvenait pas à jouer le rôle de femme. Il écrivait, en 1777, l’année difficile, à un ami: "Depuis que j’ai quitté mon uniforme et mon sabre, je suis
aussi sot qu’un renard qui a perdu sa queue ! Au lieu de faire la révérence, il m’arrive d’ôter ma perruque et ma garniture à triple étage, que je prenais pour mon chapeau ou pour mon
casque..." Grimm, qui rencontra plusieurs fois la Chevalière en robe d’apparat, la trouvait ridicule : "Il est difficile d’examiner quelque chose de plus extraordinaire et, s’il faut le dire, de plus indécent que Mlle d’Eon en jupes..."


Jamais l’ancien militaire ne s’habituera au travesti, contrairement à ce qu’ont prétendu plusieurs historiens. Dans ses "Confessions", on lit, en effet :
"L’exécution de ma métamorphose est faite et parfaite. Il n'y a plus à revenir là-dessus, mon sacrifice est fait et parfait, il ne me reste plus que d’accomplir ma destinée qui est celle de vivre et mourir en femme honnête et vertueuse. Il faut que je passe par là de bon gré ou malgré moi, pour ma tranquillité personnelle..."
Le docteur Pierre Vachet, dans son ouvrage "Psychologie du vice", a confirmé cet aveu du chevalier d’Eon : "Le chevalier d’Eon ne fut pas un véritable travesti. Le port du costume
féminin lui fut imposé par des circonstances très diverses, surtout par le souci qu’il avait eu, à un moment critique de son existence, de se faire une publicité tapageuse. D’Eon nous apparaît avant tout comme un aventurier ambitieux, orgueilleux, vaniteux, même... Comédien de mauvaise foi, mythomane. Le pseudo-aveu de sa nature féminine ne fut qu’une manifestation de cette mythomanie."

D'Eon est décédé à Londres en 1810 à l'âge de 81 ans. L'autopsie a montré qu'il s'agissait bien d'un homme. Il est enterré en Angleterre dans le comté du... Middlesex!


samedi 7 octobre 2017

Un peu de culture (2)

Il y a quelques mois, j'ai découvert "the Danish Girl", un film qui raconte la vie de "Lili Elbe".
Dans le film, le rôle de "Lili" est interprété par le formidable Eddie Redmayne, nommé aux oscars pour sa performance.
Lili Elbe est entrée dans l'histoire en étant le premier transsexuel à subir des opérations destinées à lui faire changer de sexe. 
Lili Elbe s'appelle encore Einar Wegener quand il rencontre Gerda Gottlieb à l'académie royale des beaux-arts du Danemark à Copenhague. Einar a 22 ans et Gerda 19 quand ils se marient en 1904. Einar se spécialise dans la peinture de paysages, tandis que Gerda Gottlieb illustre des livres et des revues de mode. Un jour, Gerda Gottlieb demanda à son mari de remplacer son modèle absent et de poser pour elle en portant des bas et des talons.
Ce serait suite à cette séance de pose que Einar Wegener aurait commencé à s’identifier à une femme.
Scène du film illustrant cet instant décisif

Gerda Gottlieb devint célèbre pour ses portraits de belles femmes chics aux yeux en amande et regard de braise. En 1913, le public fut surpris d'apprendre qui était le modèle de ces femmes fatales: Son mari!
Lili Elbe peinte par Gerda Gottlieb

Le couple voyage en Italie et en France et finit par s'installer à paris en 1912, où Lili peut vivre ouvertement en tant que femme, et son épouse en tant que lesbienne.
Dans les années 1920 et 1930, Elbe apparait régulièrement en tant que femme, organisant de nombreuses festivités et accueillant des invités chez elle. Elle aime également se promener dans les rues de Paris. Elle est officiellement présentée comme "la sœur d'Einar", mais son cercle d'intimes est au courant de sa transition.
En 1930, Einar se rend en Allemagne pour subir en deux ans une série de cinq opérations de réattribution sexuelle (techniques encore expérimentales à l'époque).
La première opération est une ablation de ses testicules. Lors de la deuxième opération, on lui retire son pénis et on lui transplante des ovaires... Qui lui sont retirés lors des opérations suivantes en raison de complications.
A cette époque, Lili Elbe est une célébrité dans les médias danois et allemands.
En 1930, son mariage est annulé. Elle change officiellement d'identité et obtient un passeport au nom de Lili Ilse Elvenes. Elle cesse de peindre, considérant que la peinture fait partie de son autre vie. Elle entame une relation avec Claude Lejeune, un marchand d'art, avec qui elle souhaite se marier.
En juin 1931, elle subit sa dernière opération, une vaginoplastie et une greffe d'utérus, dans l'espoir de pouvoir avoir enfanter (deux procédures encore expérimentales). Hélas, son système immunitaire rejette la greffe et elle contracte une infection. Elle décède le 13 septembre 1931.
La véritable Lili Elbe

dimanche 17 septembre 2017

Un peu de culture

A l'occasion de la sortie du film d'André Téchiné "Nos années folles", j'ai fait quelques petites recherches...

(Je n'ai pas encore vu ce film, cet article n'est donc pas une critique cinématographique.)

Ce film raconte l'histoire vraie de Paul Grappe, un soldat de la guerre de 14-18 qui déserte et qui se travesti en femme avec la complicité de sa compagne pour se cacher.

Le vrai Paul Grappe
Petit résumé de la vraie histoire (pas du film): 
Paul Grappe a été blessé deux fois pendant les combats de l'année 1914. Pour ne pas retourner au front (on peut le comprendre), il se travesti en femme et vit ainsi avec son épouse, Louise Landy, pendant une dizaine d'année. Il se fait alors appeler Suzanne Langdard.
Le couple vit pendant quelques temps en Espagne, puis revient à Paris en 1922.
Paul/Suzanne va alors mener une vie sexuelle débridée, avec de la prostitution, de l'échangisme, de la bisexualité. Il semble que rien dans son comportement d'avant la guerre ne laissait présager cela. Son épouse, qui travaille pour faire vivre le couple, accepte même de prendre un amant à la demande de son mari, puis d'héberger la maîtresse de son mari... (Bien des fantasmes sexuels réalisés dans la vraie vie de ce couple étrange). 
Finalement, après une amnistie en 1925, Paul Grappe peut reprendre sa véritable identité. Malheureusement, il est devenu instable, alcoolique et violent. Il est finalement abattu avec un révolver par sa compagne. C'est lors du procès (où elle sera acquittée) que toute l'histoire est connue.





Un livre racontant cette histoire en détails existe: 
La garçonne et l'assassin.
Une BD (que j'ai eu la chance de lire) basée sur le même récit est également sortie il y a quelques années: 
Mauvais genre.