vendredi 27 janvier 2017

Moi, une demoiselle d'honneur? (Création originale)


L'une de mes plus anciennes histoires, republiée ici avec quelques corrections:


Moi, une demoiselle d'honneur?

Je m'appelle Florian, mais depuis quelques semaines, tout le monde m'appelle Florie!
Je n'ai pas encore seize ans, et je viens de réaliser que ma vie d'homme est terminée… Je suis en train de devenir une fille!
Je découvre ma nouvelle chambre avec ma mère, mes sœurs et ma copine. Elles m'entourent toutes avec beaucoup d'amour et de tendresse, mais elles ont des sourires complices, des sourires de conspiratrices.
Je réalise que j'ai été la victime d'un complot!
Mes pensées se bousculent dans ma tête: comment en suis-je arrivé là?
……………………………………………

Toute ma vie a basculé il y a moins d'un an, quand j'étais au collège en troisième. J'avais quinze ans, et, étant un élève très moyen, je n'avais aucune idée de ce que je pourrais faire de mon avenir.
Je vivais avec mes parents dans une immense maison, dont le rez-de-chaussée était le salon de coiffure et d'esthétique que dirigeait mon père. Ma mère y travaillait, ainsi que deux de mes sœurs. Il y avait Céline, 21 ans, coiffeuse confirmée et Élodie, 16 ans, apprentie coiffeuse. Seule ma sœur aînée, Nathalie, 24 ans, esthéticienne confirmée, travaillait dans un autre salon, dont son compagnon Gilles était le patron.

Je crois que je n'ai pas vu arriver les choses parce que depuis tout petit, j'ai vécu dans un univers très féminin.
Étant le seul garçon de la famille, je jouais beaucoup avec mes sœurs. Parfois elles acceptaient, pour me faire plaisir, de pratiquer un jeu de garçon… Mais le plus souvent elles me faisaient participer à leurs activités. J'étais bien obligé d'accepter si je ne voulais pas rester seul et m'ennuyer.
Quand mes parents n'étaient pas là, Nathalie, l'aînée, était chargée de nous garder. Comme elle rêvait déjà de devenir esthéticienne, elle passait des heures à nous maquiller… Moi, y compris! Parfois, quand mes sœurs jouaient avec moi, je devenais leur poupée. Elles me déguisaient, me coiffaient, me mettaient des bijoux…
Tout cela n'étaient que des jeux d'enfants, des occupations bien innocentes. Le plus souvent, je subissais plus que je ne participais. Comme tous les enfants, j'aimais me déguiser, mais j'aurais voulu un costume de Batman, ou de chevalier Jedi… Je n'avais pour seul déguisement que des vêtements de filles.

Petit à petit, j'ai vu mes sœurs devenir des jeunes femmes. Leurs sous-vêtements en coton de petites filles ont été remplacés par des dessous de dentelles. Leurs poitrines se sont arrondies, et elles ont commencé à porter des soutiens gorges.
Dans la même période, elles ont arrêté de jouer à la poupée… Elles ont arrêté de me déguiser, alors qu'elles adoraient cela avant… C'était injuste! Je commençais justement à trouver ces jeux excitants! Leurs nouveaux dessous en dentelles y étaient certainement pour quelque chose… Ces dessous, et surtout les soutiens gorges, si mystérieux, étaient tabous pour moi…
Il m'est arrivé, comme beaucoup d'adolescents, d'aller fouiner dans les chambres de mes sœurs, d'admirer, de caresser les fines dentelles de leurs dessous… Mais je n'ai jamais eu le temps d'aller plus loin dans mes explorations. J'étais trop rarement, et jamais très longtemps, seul à la maison.


Parfois, mes sœurs organisaient des "pyjamas parties" le samedi soir avec des copines. Bien entendu, je n'y étais pas invité… Mais parfois, je me risquais dans le couloir pour essayer de découvrir les mystères qu'elles me dissimulaient. Je regardais par le trou de la serrure, et parfois, j'avais l'immense bonheur de deviner un peu de dentelle sur une épaule ou même un bout de fesse dénudée!
Un jour, il y a quelques mois, j'ai été surpris dans cette position par Céline, alors que j'espionnais Élodie et ses copines Lucie, Dominique, et Laura. Elle me fit me relever et me fit entrer dans la chambre en me tenant par une oreille comme un garnement. Terriblement gêné, je n'étais plus capable de savourer le spectacle que j'avais devant les yeux: quatre jolies filles de seize ans en chemises de nuit ou déshabillés en dentelles!
"Regardez ce que j'ai trouvé devant votre porte, les filles! Un petit vicieux!"
"Je m'en doutais! Ça fait longtemps que je le soupçonnais!" Cria Élodie.
Nous fûmes interrompus par la voix de mon père, qui hurla depuis sa chambre:
"Les filles, un peu de silence! Il est tard! Il est l'heure de dormir!"
Pendant un instant, nous n'avons pas fait un bruit, puis les filles m'ont fait asseoir en chuchotant:
"Toi, tu ne vas pas t'en tirer comme ça!"
Céline s'en alla avec un sourire carnassier:
"Je vous le laisse, les filles. Amusez-vous bien!"

J'étais rouge de honte. Deux filles me tenaient les bras, les autres entreprirent de me maquiller et de me coiffer. J'avais les cheveux relativement courts, mais elles me firent deux minuscules couettes. Je n'osais pas réagir, si j'avais fait du bruit, mon père aurait fini par se lever et j'étais certain d'être le plus sévèrement puni. Une fois que j'étais pomponné, Élodie me jeta une petite culotte en dentelle bleue pâle, et une nuisette assortie!
"Tiens, tu as envie de participer? Mets ça!" M'ordonna-t-elle.
Je tremblai en réalisant que j'allais pour la première fois depuis plusieurs années me déguiser en fille… Et cette fois, avec ces dessous si féminins! Caché derrière la porte ouverte de l'armoire je me déshabillai, puis j'enfilai ces sous-vêtements. J’eus beaucoup de mal à cacher l'érection qui déformait la petite culotte.
Quand je ressortis de ma cachette, les filles chuchotèrent toutes en cœur:
"Comme elle est mignonne!"
J'étais terriblement gêné. Je restais la tête basse et je tremblais. Lucie, une jolie petite brune aux grands yeux noirs qui ressemblait à l'héroïne du film "Amélie Poulain" sembla soudain avoir pitié de moi. Elle s'approcha et me prit dans ses bras. Elle m'embrassa sur le front, puis m'entraîna vers un fauteuil. Nous nous sommes assis là, serrés l'un contre l'autre, naturellement, comme si nous étions très amis depuis longtemps. L'ambiance s'est calmée. Tout le monde était fatigué, et est allé se coucher. Lucie et moi nous sommes endormis sur notre fauteuil. Élodie nous avait donné une couverture.

Pendant la nuit, je me réveillai brusquement. Lucie était réveillée elle aussi.
"Chut, ne fais pas de bruit!" Me chuchota-t-elle avant de poser ses lèvres sur les miennes. Elle m'embrassa longuement. Je me souviendrais longtemps de cette nuit. C'était mon premier vrai baiser! J'étais sur un petit nuage, d'autant plus qu'elle avait passé la main sous la couverture, et avait commencé à me caresser à travers ma petite culotte!
"Tu aimes?" Me demanda-t-elle à voix basse, "C'est la première fois que je fais ça à un garçon!"
Je ne tardais pas à éjaculer avec un plaisir qui m'obligea à me mordre les lèvres pour ne pas crier.
Après quelques autres baisers, nous nous sommes rendormis.

Le lendemain matin, Lucie m'aida à me démaquiller… Me débarbouiller serait plus exact, tellement le maquillage s'était étalé sur mon visage pendant la nuit. Entre deux passages de coton démaquillant, Lucie m'embrassait. Elle finit par me dire:
"Tu es mignon… Et tellement craquant!…" Puis, en baissant timidement les yeux, elle ajouta:
"Tu veux bien qu'on sorte ensemble?"
"Tu veux dire, juste tous les deux?"
Elle eut un petit rire nerveux, rougit légèrement, et m'embrassa encore.

Dans les jours et les semaines suivantes, Lucie et moi sommes devenus inséparables. Nous étions vierges tous les deux, mais, deux semaines après la "pyjama partie", nous avons franchi le pas… Nous avons fait l'amour pour la première fois. Dire que c'est un souvenir inoubliable serait très exagéré! Je crois que nous étions tous les deux trop émus… Mais nous n'avons pas été découragés… Petit à petit, nous avons découvert ensemble l'amour, la sexualité.
Lucie avait eu une expérience avec l'une de ses copines. Elle me fit découvrir des caresses que les filles se font entre elles, et je fus très surpris d'y prendre beaucoup de plaisir, surtout quand elle me suçait les tétons.
Un soir, elle retira sa petite culotte et me l'enfila! J'ai été soudainement terriblement excité. Bien sûr, le fait de porter de la lingerie féminine me faisait beaucoup d'effet, mais là, c'était une culotte de Lucie, de la fille que j'aimais! Ce soir-là, nous avons fait l'amour plusieurs fois, presque sans faire de pause!
Après cette soirée, Lucie m'a poussé à porter de plus en plus souvent ses sous-vêtements… Et j'adorais ça!

Les semaines qui suivirent, j'étais au paradis. Je passais tous mes moments de liberté avec Lucie. Petit à petit, elle prenait une grande influence sur moi. A sa demande, j'ai commencé à laisser pousser mes cheveux. Parfois, elle m'enlevait quelques poils de mes sourcils, en me disant qu'elle voulait juste empêcher qu'ils deviennent trop épais. Elle aimait bien cultiver et même accentuer mon côté androgyne… Et je la laissais faire. J'étais vraiment heureux avec elle.

Mais tout n'était pas rose… Mes parents se disputaient de plus en plus souvent. Pendant le repas de Noël, l'ambiance était très tendue. On sentait bien que nos parents se forçaient à être gentils pour ne pas gâcher la fête… Puis, soudain, au moment de la bûche, ma mère a explosé. Elle s'est mise à insulter mon père. Elle tenait des propos qui me paraissaient incohérents, mais je compris que mon père avait une maîtresse. Il se leva, gifla ma mère, et s'en alla sans un mot! C'était la première fois que je voyais mon père commettre un acte de violence. Ma mère pleurait. Mes sœurs essayaient de consoler maman, mais je restais immobile à ma place, je n'osais rien dire. J'étais sous le choc.
Deux jours plus tard, le mot que nous redoutions tous est tombé: Divorce!
J'appris que les choses étaient difficiles pour mes parents depuis longtemps. Pour nous préserver, ils avaient essayé de nous cacher leurs problèmes, et pendant plusieurs mois, ils y étaient parvenus… Mais tout avait fini par dégénérer.
Inutile de préciser que les jours qui suivirent furent très difficiles pour tout le monde. Mon père parla de vendre la maison. L'affaire devait se faire dans les mois qui suivaient. Nous avions juste le temps de trouver un nouveau logement. Ma mère et mes sœurs devaient quant à elles chercher un nouvel emploi, car le salon devait fermer au moment de la vente.

Les Choses restèrent confuses pendant quelques semaines… Jusqu'à la saint-Valentin. Le soir, après les cours, j'avais rendez-vous avec Lucie dans un café au centre-ville. Je lui offris un joli pendentif en argent qui m'avait coûté la totalité de mes économies. Elle m'embrassa avec beaucoup de tendresse, puis elle prit le petit air ingénu qu'elle prenait à chaque fois qu'elle n'osait pas me demander quelque chose… Ce qui me faisait complètement craquer. Les yeux baissés, elle me tendit une petite boîte:
"J'ai aussi un cadeau pour toi!"
J'ouvris pour découvrir deux petites perles. Je restais très surpris pendant un instant.
"Tu n'aimes pas mon cadeau?"
"Euh, si, si… Mais je… C'est quoi?"
Elle éclata de rire:
"Des boucles d'oreilles, idiot!"
"Oh, oui, elles sont très jolies, mais… Je ne peux pas les porter, je…"
Elle m'interrompit:
"Oui, je sais, tu n'as pas les oreilles percées! Tu veux bien me faire plaisir?"
C'était mon tour de timidement baisser les yeux. Je fis signe que oui, et elle me prit par la main et se mit à courir:
"Dépêches toi, on a tout juste le temps, avant la fermeture des boutiques!"
Et elle m'entraîna au pas de course jusqu'à une ruelle voisine dans laquelle se trouvait une bijouterie. C'est ainsi que, sans même avoir eu le temps de reprendre mon souffle, je me retrouvais avec deux jolies perles sur mes lobes d'oreilles percés!

Le lendemain, nous étions à table pour le déjeuner avec mes trois plus jeunes sœurs et ma mère, quand Nathalie vint nous rejoindre. Elle était radieuse. Elle tendit sa main gauche pour nous montrer une magnifique bague sertie d'un diamant!
"Hier, pour la Saint Valentin, Gilles m'a demandé de l'épouser!… Et j'ai accepté!"
Bien entendu, tout le monde fut très heureux. Ma mère souriait! La voir ainsi me donna beaucoup de joie: C'était la première fois que je la voyais sourire depuis Noël!
Après les félicitations et les embrassades, Nathalie ajouta:
"Attendez! Ce n'est pas tout! Gilles a décidé d'agrandir son entreprise. Il a acheté un nouveau local qu'on va aménager en salon de coiffure et d'esthétique… Et j'en serais la gérante!…"
L'ambiance était soudain complètement folle! Maman alla ouvrir une bouteille de champagne. Nous n'arrêtions plus de féliciter et d'embrasser Nathalie. Elle continua:
"Quand les travaux seront terminés, vous pourrez vous installer dans l'appartement, à côté du salon… Et je vais pouvoir vous embaucher!… Si vous le souhaitez."
En un instant, tous les problèmes provoqués par le divorce de mes parents semblaient résolus!
Tout le monde prit une coupe de champagne, même moi qui n'avais jamais bu une goutte d'alcool. Alors que Nathalie continuait à exposer ses projets, on sonna à la porte. Avec ma coupe de champagne à la main, j'allais ouvrir. C'était Lucie. Ma mère appela:
"Oh, Lucie, c'est toi! Viens donc prendre une coupe de avec nous! Après tout, tu fais presque partie de la famille!"

Je n'écoutais la suite des nombreux projets de Nathalie que d'une oreille distraite. J'étais trop occupé à embrasser Lucie, et je crois que j'étais un peu ivre à cause du champagne. Soudain Lucie me demanda d'arrêter:
"Chut, Nathalie vient de te demander quelque chose!"
"Oui? Quoi?"
"Florian, je t'ai demandé si tu voulais bien accepter toi aussi."
"Euh, pardon, de quoi on parle, là?"
J'avais l'impression d'être à l'école, dans un de ces moments si gênants où le professeur vous surprend en disant "Tu peux répéter ce que je viens de dire?"
Nathalie répéta sa question:
"J'ai demandé à Céline et Élodie d'être mes demoiselles d'honneur pour le mariage, et je t'ai demandé de participer toi aussi!"
"Euh, participer? Bien sûr que je veux participer! Mais comment?"
"Comme je viens de le dire! En étant ma troisième demoiselle d'honneur!"
"Qu… Demoiselle d'honneur? Tu veux dire…"
"Oui, avec la même robe que Céline et Élodie! J'adorerais avoir toutes mes sœurs autour de moi pour mon mariage!"
"Euh, mais je suis ton frère!"
"Oui, et alors? Tu te souviens? Tu adorais toujours te déguiser! Et d'après ce que m'a raconté Élodie, tu aimes toujours ça!"
Je rougissais énormément…
"Euh, oui, je… Mais là, ce serait devant des tas de gens… Je…"
Pendant que je bafouillais, à la fois très effrayé et très excité de me présenter en robe en public, Lucie me chuchota à l'oreille:
"J'aimerais beaucoup voir ça… Et tu verras, tu adoreras… Je t'aiderai!"
Elle me faisait des petits bisous dans l'oreille en disant cela… Ça me faisait complètement craquer:
"Bon d'accord! Après tout, ça pourrait être amusant!"
Maman ouvrit une nouvelle bouteille de champagne. Tout le monde semblait si heureux.

Plus personne ne parla du mariage pendant quelques semaines. Il était prévu pour le dernier jour du mois d'août, on avait donc du temps pour s'organiser. La seule chose qui me rappelait cet événement étaient mes cheveux que je laissais pousser, et qui atteignaient pratiquement mes épaules.
Un soir, alors que je rentrais des cours, Lucie m'attendait chez moi. Ma mère et mes trois sœurs étaient présentes également…
Elles étaient toutes penchées sur un énorme catalogue qui présentait des robes de demoiselles d'honneur!
J'avais presque oublié!
Lucie me pris par le bras en disant:
"Viens voir! On a choisi ta robe! Je suis sûre qu'elle te plaira!"
C'était une longue robe d'un violet pastel très clair, avec des broderies sur le devant et lacée comme un corset à l'arrière. Elle était magnifique, mais je n'arrivais pas à réaliser que je la porterais bientôt!
Nathalie me dit:
"On s'est dit que ce modèle était idéal pour toi: le décolleté n'est pas trop plongeant, on ne verra donc pas que tu es un garçon."
Et Lucie ajouta en me pinçant le bas du ventre:
"Et le laçage dans le dos permettra de camoufler tes poignées d'amour!"
"Arrête! Tu me chatouilles! Et d'abord, je ne suis pas gros!"
"Je n'ai pas dit que tu étais gros! Mais tu as quand même un peu de gras ici!"
Insista-t-elle en continuant à me pincer le bas du ventre. J'éclatai de rire, et elle m'embrassa.

Quelques jours plus tard, je vins m'asseoir à table pour le dîner. Ma mère posa devant moi une assiette de crudités en me disant:
"Il faut que tu fasses un petit régime, mon cœur, sinon, tu n'entreras jamais dans ta robe."
Je grommelais que je commençais à regretter d'avoir accepté cette comédie, quand elle me tendit une soucoupe avec deux petites pilules.
"Avales ça avant de manger!"
"Qu'est-ce que c'est?"
"Ce sont des pilules de vitamines, elles t'aideront dans ton régime!"
C'est ainsi que, cinq mois avant le mariage de ma sœur, je commençais un régime qui devait me permettre de porter une robe pendant une seule journée. J'essayai de dire que toute cette histoire allait peut être un peu trop loin, mais ma mère haussa immédiatement le ton:
"Ah non! Tu as promis! Et on ne revient jamais sur une promesse!"
Inutile de dire que j'ai souvent été de mauvaise humeur dans les semaines qui suivaient... Mais j'ai sagement continué mon régime et la prise de ces pilules pour maigrir.

Un samedi matin, à mon réveil, je trouvais au pied de mon lit des mules avec un talon de trois centimètres. Quand je demandai ce que ces chaussures faisaient dans ma chambre à ma mère, elle me répondit le plus naturellement du monde:
"Mais, c'est pour t'entraîner, mon cœur!"
"M'entraîner?"
"Les chaussures qui iront avec ta robe seront des sandales avec un talon de dix centimètres! Tu n'arriveras jamais à marcher, ou danser…"
"Danser?! Il faut que je danse, en plus?"
"Non, bien sûr que non, tu n'es pas obligé, mais il y aura un bal. Tu ne vas tout de même pas rester assis toute la soirée?"
"Je…"
"Donc tu vas porter ces mules tant que tu resteras à la maison, et dès que tu te sentiras à l'aise, on pourra augmenter la hauteur du talon!"
Je me demandais comment je pourrais un jour me sentir à l'aise avec "ça" aux pieds! Mais maman avait raison. Je devais m'entraîner si je ne voulais pas me ridiculiser le jour du mariage. Je me baissais pour essayer d'enfiler ces mules, mais ma mère me dit que ça n'irait pas. Elle me tendit une paire de mi-bas très fins:
"Mets ça à la place de tes chaussettes! Tu seras plus à l'aise!"
A partir de ce moment, je me suis retrouvé avec des chaussures à talons dès que j'étais à la maison. La première fois que Lucie m'a vu, avec mes vêtements de garçon, et mes mules aux pieds, elle n'a pas pu s'empêcher de pouffer de rire. Évidemment, mon look était totalement ridicule.

La fin de l'année scolaire approchait. Mes résultats étaient faibles, mais ma mère et moi avons décidé que je chercherais un apprentissage à la rentrée, après le déménagement et le mariage.
Ma mère avait tant de choses à faire: il y avait toujours les tracas du divorce, elle allait souvent avec Nathalie, soit pour suivre l'avancement des travaux dans le nouveau salon, soit pour les préparatifs du mariage.
Voyant cela, Lucie proposa que je parte avec elle en vacances d'été. Elle devait aller chez une de ses tantes qui vivait seule à la campagne. J'étais enthousiaste à l'idée de passer tout un été avec ma copine. Ma mère était évidemment tentée d'accepter, mais elle semblait contrariée:
"Il faudrait que Florian continue à s'entraîner à porter des talons. Sa démarche n'est pas encore assez féminine!"
"Ce n'est pas un problème, je continuerai à le coacher!"
Répondit Lucie en me faisant un clin d'œil complice, comme si l'idée de rester tout le temps en talons me faisait plaisir.
"Oui Lucie, mais… Ta tante? Elle ne sait rien! Elle risque d'être surprise si elle voit un garçon en talons aiguilles chez elle!"
"Oui, mais il suffirait de lui faire croire que Florian est une fille!"
J'étais abasourdi par cette conversation. Avais-je bien compris? Lucie proposait que je passe tout l'été déguisé en fille? Je n'eus pas le temps de protester. Maman s'exclama:
"Très bonne idée! Dès qu'on aura un moment, on ira faire un peu de shopping pour habiller ma nouvelle fille pour l'été!"
Je commençai à protester, mais Lucie m'embrassa, et me chuchota à l'oreille:
"On pourra dormir dans la même chambre… Dans le même lit! Ma tante est un peu vieux jeu, mais si tu es en fille, elle n'y verra que du feu!"
C'était décidé! Lucie et moi allions partir pour deux mois chez sa tante.

Le samedi suivant, ma mère me réveilla à six heures du matin. Elle me rappela que nous devions aller faire les magasins afin de m'acheter quelques tenues pour l'été. Quand je demandais pourquoi elle m'avait fait lever si tôt, elle répondit:
"Pour commencer, tu vas prendre un bain, et te raser soigneusement sur tout le corps… Surtout les jambes!"
Je compris immédiatement que j'allais être habillé en fille. Bien entendu, ce serait plus discret. Je frissonnais en m'imaginais entrer dans une boutique en garçon, et faire des essayages de robes! J'allais pour la première fois de ma vie sortir en public habillé en fille, et de plus, accompagné par ma mère! Je frissonnais à cette idée, mais je fis ce qu'elle me demandait. Après mon bain, elle me donna un pot de crème pour le corps, très agréable pour calmer le feu du rasoir, mais aussi légèrement parfumée.
Alors que je finissais de masser mes jambes pour faire pénétrer la crème, ma mère revint dans la salle de bains, les mains chargées de vêtements et d'accessoires, empruntés à Élodie.
Elle commença à me donner une sage petite culotte en coton, un peu trop grande, puis un soutien-gorge, un peu trop serré. Elle me tendit ensuite deux objets étranges, mous, translucides:
"Ils étaient à Céline quand elle était plus jeune, et qu'elle était complexée à cause de ses petits seins."
"Euh… C'est quoi?"
"Des faux seins, idiot! Glisse-les dans ton soutien-gorge!"
J'étais assez empoté, ce qui amusait beaucoup maman.
Elle me tendit ensuite un collant fin, car il faisait frais ce matin-là. Elle m'expliqua comment les enfiler pour ne pas les abîmer. J'étais très troublé en caressant cette matière si fragile. Elle me donna ensuite une petite robe à fleurs boutonnée devant:
"Ce sera plus facile pour toi à enlever et à remettre pendant les essayages!"
Je me disais qu'elle pensait vraiment à tout, comme si cette journée était prévue et organisée depuis des mois… Je ne compris que plus tard que c'était le cas!

Ma mère me maquilla légèrement les yeux, me mit un peu de blush, du rouge à lèvres, puis me fit rapidement une queue de cheval. Elle me tendit des petites ballerines blanches, en me précisant qu'il faudrait beaucoup marcher, et que donc elle me dispensait de talons, puis un sac à main.
Nous avons passé toute la matinée dans les magasins. Nous avons d'abord été dans des boutiques de lingerie, où elle m'acheta des culottes, des shortys, des caracos, des soutiens gorges, mais aussi deux nuisettes… J'étais effaré par la quantité de paquets qui encombrèrent rapidement mes bras:
"Maman, pourquoi acheter tant de choses? C'est juste pour deux mois!"
"Tu ne vas tout de même porter les mêmes sous-vêtements tous les jours?"
"Bien sûr, mais… "
"Et puis, je sais bien que tu aimes mettre de la lingerie! Il n'y a pas de mal à ça! Tu pourras continuer quand tu voudras après le mariage"
Nous marchions dans la rue, et elle parlait assez fort. Je baissais la tête, je rougissais en espérant qu'aucun passant n'entende notre conversation et ne devine que j'étais un garçon.
Elle m'acheta également deux corsets pour serrer ma taille et faire disparaître les petits bourrelets de mon ventre.

Vers midi, nous sommes allés dans un restaurant, et je fus surpris de voir que Lucie nous attendait. Elle vint m'embrasser. J’eus un petit mouvement de recul et je chuchotai:
"Lucie, je suis habillé en fille! Que vont penser les gens?"
"Que nous sommes un couple de lesbiennes!"
Répondit elle assez fort en riant. J'étais très gêné… Et je crois que ça amusait beaucoup ma copine de m'humilier gentiment en public. Mais personne ne leva la tête dans la salle. Je fus vite rassuré: personne ne faisait attention à nous.
Alors que ma mère et Lucie se régalèrent avec des magrets de canards, je n'eus droit qu'à une assiette de crudités, et mes deux pilules habituelles. Le seul dessert qui me fut accordé était le petit carré de chocolat noir servi avec le café. Inutile de préciser que je l'ai savouré!
Je faillis faire une gaffe en me rendant aux toilettes. J’eus un instant d'hésitation avant d'entrer dans les toilettes pour dames. Le cœur battant en imaginant le scandale si j'étais entré chez les hommes, je décidai de m'efforcer de mieux jouer mon rôle. Comme une femme, je fis pipi assis, puis je me lavais les mains avant de retoucher mon rouge à lèvres. En me regardant dans la glace je me trouvais plutôt "jolie", mais je ne pus m'empêcher de me parler à moi-même:
"Mais qu'est-ce que tu es en train de faire? Tu es complètement dingue!"
Je fus interrompu par une jeune femme qui entrait dans les toilettes. J'avais l'impression qu'elle m'avait entendu. Sans un regard pour elle, la tête basse, je me précipitai pour rejoindre Lucie.

Ma mère était partie après avoir payé l'addition. Elle avait d'autres impératifs, elle me laissait donc avec ma copine, à qui elle avait confié sa carte de crédit, pour la suite de ma grande journée de shopping.
Dans la première boutique, Lucie choisit une robe rouge imprimée à fleurs. Dans la cabine d'essayage, je n'arrivai pas à la fermer: elle était trop étroite. Lucie entra dans la cabine avec moi. Elle sortit de mes paquets l'un des corsets achetés le matin même, en arracha les étiquettes, puis me le tendit. Terriblement mal à l'aise, je l'enfilais et elle m'aida à le fermer en le serrant au maximum. J'avais le souffle coupé, mais je n'eus pas le temps de protester, elle me fit remettre la robe. Cette fois je parvins sans problème à la fermer.
"Tu vois? Elle te va très bien!"
Me dit-elle avec un sourire vainqueur.
"Oui, mais… Seulement avec le corset… On pourrait peut-être prendre la taille au-dessus?"
"Non, c'est à toi de continuer ton régime pour perdre encore une ou deux tailles!"
Elle répondit avec un ton autoritaire que je ne lui connaissais pas. Je n'osais plus rien dire, et pourtant, je me disais que toute cette histoire commençait à aller trop loin.
Voyant ma mine déconfite, Lucie se mit à genoux devant moi, me troussa la robe, me baissa mon collant et mon slip, et commença à me faire une fellation. C'était terriblement excitant. J'étais habillé en fille, sucé par ma copine dans une cabine d'essayage où l'on pouvait se faire surprendre à chaque instant. Je ne tardais pas à avoir un terrible orgasme… Et à oublier toutes mes peurs et mes scrupules. A ce moment là, je me sentais prêt à accepter ce que Lucie me demanderait… et elle le savait!
En se relevant, elle essuya sa bouche avec un mouchoir en papier, retoucha son rouge à lèvre, puis dit le plus naturellement du monde:
"Bien! Allons-y! J'ai repéré de très jolies robes d'été dans la boutique d'en face!"
J’eus tout juste le temps de rajuster ma tenue avant qu'elle n'ouvre le rideau de la cabine d'essayage en disant:
"Dépêche-toi! Je t'attends à la caisse!"
Cet après-midi-là, nous avons acheté deux autres robes d'été, trois jupes, plusieurs tee-shirts et débardeurs.

Le soir, avant de rentrer, Lucie me fit m'arrêter devant la vitrine d'une boutique de chaussures. Elle me montra plusieurs modèles qui lui plaisaient. Toutes ces chaussures avaient des talons aiguilles d'au moins cinq centimètres, ce qui me paraissait totalement démesuré. Ma copine était très amusée par mes réticences et me promit que j'aurais bientôt l'habitude des talons.
Elle me tira par le bras pour me faire entrer dans la boutique. Elle me fit essayer toutes les chaussures qu'elle m'avait montrées, et nous achetâmes deux paires d'escarpins et deux paires de sandales.
Elle insista pour que je mette immédiatement une paire d'escarpins blancs aux talons de cinq centimètres. J’eus beaucoup de difficultés à marcher sur le chemin du retour, d'autant plus que nous sommes passés dans une rue pavée. A chacun de mes écarts, Lucie éclatait de rire.

 Une fois arrivés à la maison, ma mère et mes sœurs me demandèrent de leur faire un petit "défilé de mode" pour leur montrer toutes mes acquisitions. Trop fatigué pour discuter, je m'exécutai. J'eus droit à de très nombreux compliments. C'était la première fois qu'elles furent si gentilles avec moi… Comme si j'étais soudain l'une d'entre elles!
Les jours qui suivirent, ma mère m'encourageait à me maquiller, à mettre une robe ou une jupe, et bien sûr un corset et des talons dès que j'étais à la maison. Je n'étais plus en garçon qu'à l'école.
La fin de l'année scolaire finit par arriver, et à partir de ce moment-là, je ne touchai plus à mes affaires masculines… Mais ce n'était pas ce qui me gênait le plus. Je souffrais de rester trop longtemps debout à cause des talons, mais j'avais aussi du mal à m'asseoir parce que j'avais l'impression que le corset me découpait la peau au niveau des hanches.
Sans rien faire de particulier, je finissais mes journées totalement épuisé. Parfois, je pleurais le soir, quand j'étais seul dans mon lit. Depuis quelques semaines, j'étais devenu très émotif. Je croyais que l'accumulation des événements des dernières semaines en était la cause… Je n'imaginais pas que les pilules de "vitamines" pouvaient me faire cet effet.

Les travaux avançaient dans la nouvelle boutique de Nathalie, ainsi que dans notre futur appartement. Ma mère me confirma que je partirais en vacances avec Lucie, et que le déménagement se ferait en mon absence.
Avant de partir en vacances, je passai donc plusieurs jours à trier mes affaires, à jeter quelques vieilleries, et à ranger le reste dans des cartons. J’eus quelques moments d'émotion en découvrant des vieux souvenirs enterrés au fond des tiroirs ou de l'armoire. Je fus amusé de retrouver mon vieux nounours auquel il manquait un bras et un œil. La veille de mon départ, je finis de fermer les cartons contenant mes affaires de garçon. Je démontai mon armoire et mon bureau. Je laissai mon lit en place pour ma dernière nuit dans cette chambre.
Le lendemain matin, après ma toilette, je passai rapidement une culotte avec un soutien-gorge assorti… Sans oublier les faux seins, ni ce maudit corset qui m'empêchait de respirer. Puis j'enfilais une petite robe d'été en vichy bleu. J'agrafai mes cheveux en arrière à l'aide de deux barrettes, me maquillais légèrement les yeux et les lèvres. Enfin, j'enfilais mes fines sandales à talons de six centimètres. J'étais "prête"!
Je finis de préparer ma valise, je n'emportais pas un seul accessoire masculin. Je jetai un dernier regard à la chambre dans laquelle j'avais passé toute mon enfance. J'étais ému jusqu'aux larmes en me disant que je n'y remettrais sans doute jamais les pieds.

Lucie vint me rejoindre avec sa valise. Ma mère nous déposa à la gare. Arrivés au bout de notre voyage, Alice, la tante de ma copine vint nous chercher:
"Bonjour Lucie, voilà donc ta copine! Et comment s'appelle cette charmante jeune fille?"
dit-elle en s'approchant de moi pour me faire la bise.
"Je m'appelle Flori…"
Je m'arrêtai immédiatement en rougissant, me rendant soudain compte que nous avions tout prévu, sauf de me donner un prénom féminin! Lucie vint à ma rescousse:
"Florie, elle s'appelle Florie!"
En disant cela, elle avait un regard qui semblait vouloir dire:
"Désolée, j'avais complètement oublié moi aussi de te trouver un prénom."
 Alice me regarda avec un grand sourire:
"Oh, mais comme elle est timide! Florie, c'est très joli!"
"Je… Merci!"
Je n'ajoutai rien, me contentant de rougir. Je venais de réaliser qu'il me fallait être très prudent pour éviter les gaffes. J'allais passer presque deux mois avec une femme qui ignorait que j'étais un garçon!

Malgré mes craintes d'être découvert, et l'inconfort que je ressentais à garder tous les jours mon corset et mes talons, ces vacances furent formidables. Lucie et moi avons partagé des instants inoubliables.
Un matin, Alice nous surprit en train de nous embrasser. Nous étions très gênés, mais elle nous raconta qu'elle avait eu une aventure avec une de ses camarades de classe quand elle avait notre âge. La "tante un peu vieux jeu" que Lucie m'avait décrite était finalement très ouverte… Elle se contenta simplement de nous conseiller la prudence en public.
Grâce à la présence continuelle de ma copine, je fis rapidement beaucoup de progrès dans ma féminisation. Je ne tardai pas à maîtriser la marche sur des talons très hauts. Je n'avais jamais eu une "démarche de camionneur", mais petit à petit, je reçus de plus en plus de compliments de Lucie. Elle me disait que mes gestes étaient de plus en plus gracieux.
Un jour où Lucie portait un pantalon et ne s'était pas maquillée, Alice lui dit:
"Tu devrais prendre exemple sur Florie, et être plus féminine… Elle est toujours en robe et talons hauts!"
J'aurais bien voulu lui répondre que je n'avais pas le choix. Je me contentais de sourire en voyant ma copine, un peu vexée, aller se changer.

Un soir, alors que je me déshabillais, je me regardais dans la glace, intrigué parce que j'avais l'impression que ma poitrine et mes fesses avaient pris du volume. En m'observant de profil, je réalisais même que j'avais des petits seins! Lucie, après m'avoir surpris dans cette position, me demanda:
"Quelque chose ne va pas, ma Florie?"
Depuis notre arrivée chez sa tante, elle me parlait toujours au féminin, même quand nous étions seuls. Je lui répondis, un peu honteux:
"Je ne sais pas… J'ai l'impression… Comment dire, que j'ai les seins qui poussent!"
"Il ne faut rien exagérer, il n'y a aucune raison… Sauf peut-être…"
"Oui, à quoi penses-tu?"
"Ça doit venir du corset… ton corps s'adapte… La graisse ne peut plus s'accumuler sur ton ventre, alors elle apparaît dans les endroits où elle a de la place!"
Je n'étais pas très convaincu par cette explication, mais je n'eus pas le temps de poser d'autres questions. Lucie avait entrepris, en venant derrière moi, de me caresser les seins et de m'embrasser. Sa tendresse me fit très vite oublier toutes mes interrogations, et nous avons fait l'amour merveilleusement…

Petit à petit, mon régime fit de l'effet. J'avais tellement minci que le corset ne me serrait plus. Lucie m'autorisa donc à laisser de côté cet appareil de torture. J'étais d'autant plus soulagé que l'été commençait à être très chaud.
Les vacances se poursuivirent sans histoire. Encouragé par les résultats, et par la chaleur lourde de l'été qui me coupait l'appétit, je continuais mon régime de bon cœur.
Mes vêtements et mon comportement étaient devenus très féminins, mais il y a un cap que je refusai obstinément de franchir, malgré l'insistance de ma copine: J'ai toujours refusé d'aller me baigner à la gravière voisine avec elle. J'aurais dû porter un bikini à cette occasion, ou au moins un maillot de bains une pièce, mais je ne pouvais me résoudre à m'exhiber ainsi.
Quand elle constata que je maîtrisais enfin la marche avec les talons, Lucie entreprit de m'apprendre à danser. Il y aurait un bal au moment du mariage, avec quelques valses traditionnelles pour l'ouvrir. J'appris donc à danser comme une fille, moi qui n'avais jamais dansé en garçon!

Nous rentrâmes une semaine avant la cérémonie du mariage. Ma mère m'annonça que l'ancienne maison était vendue, mais que les travaux dans le nouvel appartement n'étaient pas tout à fait terminés. Les parents de Lucie s'étaient proposés pour me loger encore quelques jours…
Elle m'annonça également avec un grand sourire:
"Il faudra que tu sois Florie encore pendant quelques jours, mon cœur! Les cartons avec tes affaires sont dans un garde-meuble."
Je me contentai de répondre, avec un air un peu blasé:
"Au point où j'en suis…"
"Allons, n'essaye pas de me faire croire que ça te dérange!"
"Je…"
"Lucie m'a raconté vos vacances… Il parait que tu es devenue très féminine?"
"Eh bien, oui, mais…"
"Si cette situation te gênait à ce point, tu n'aurais pas l'air aussi naturelle!"

Un matin, nous sommes allés avec Céline et Élodie dans une boutique pour faire les essayages de nos robes de demoiselles d'honneur. Même si le décolleté n'était pas très profond, on voyait un peu le haut de mes seins. La vendeuse me donna un wonderbra pour en accentuer les dimensions. J'eus un choc en me regardant dans la glace: non seulement la robe était merveilleusement belle, mais elle m'allait parfaitement. Le haut lacé et le soutien-gorge me donnaient une silhouette très féminine, le galbe de ma poitrine était très visible… Et je ne portais pas de faux seins!
Je suis resté fasciné longtemps devant l'image hyper féminine que me renvoyait le miroir.

Le matin du mariage, ma mère, mes sœurs et moi sommes allé(e)s nous faire maquiller et coiffer. Mes longs cheveux blonds furent légèrement bouclés, puis retenus en chignon par des barrettes ornées d'orchidées mauves. J'eus aussi droit à de nouvelles boucles d'oreilles, un collier, et d'autres bijoux assortis. En me regardant dans la glace, j'avais l'impression de voir une star de cinéma!
J'étais à nouveau très troublé par cette image que me renvoyait le miroir.
Je ne savais plus où j'en étais. J'avais l'impression que le garçon en moi était en train de tomber amoureux de la fille que j'avais devant les yeux!… Comme si je ne réalisais pas vraiment que j'étais cette fille!
Ma mère me rappela soudain à la réalité:
"Florie! Réveille-toi! Il faut se dépêcher! Nous devons encore nous changer!"
Peu après, je portais la sublime robe de demoiselle d'honneur et des sandales très fines à talons de dix centimètres.
Une fois habillé(e)s, mes sœurs et moi nous sommes enlacé(e)s. Je ne me souvenais pas de m'être senti aussi proche de mes sœurs qu'à cet instant.
Ma mère prit des dizaines de photos de "ses quatre filles". Nathalie, dans sa sublime robe de mariée, était radieuse. Céline et Élodie, qui portaient la même robe que moi, étaient très belles. Quant à moi, tout me paraissait tellement irréel, j'avais l'impression de vivre un rêve, et je m'attendais à me réveiller à chaque instant.
Pendant le reste de la journée, je restai très passif, me contentant de suivre mes sœurs et de faire comme elles. Pendant toute la cérémonie, j'avais l'impression d'être ailleurs. Je repensais continuellement à la très belle jeune femme que j'avais découverte dans le miroir le matin même.

La soirée du mariage fut animée par un speaker lamentable qui parlait avec un ton de commentateur sportif. J'écoutais distraitement ses plaisanteries, ainsi que les traditionnels discours de fin de banquet. Je ris de bon cœur à quelques blagues, mais j'étais un peu perturbé à l'idée de danser.
Nathalie ouvrit le bal avec son mari Gilles… Puis après quelques minutes pendant lesquelles ils ont valsé seuls, le speaker annonça:
"Et maintenant, les garçons d'honneur invitent les demoiselles d'honneur à danser!"
L'espace d'un instant, je détestai cet imbécile de speaker, mais je n'eus pas le temps de me réfugier dans les toilettes comme je l'espérais. François, le petit frère de Gilles, s'approcha de moi:
"C'est Florie, je crois?… Puis-je t'inviter à danser?"
Je me suis senti incapable de refuser devant tout le monde, et je me suis retrouvé à valser dans les bras d'un garçon! Cette danse ne dura que quelques minutes, mais pour moi, ce fut une longue torture! Non seulement, j'étais en robe, à me faire passer pour une fille, devant des centaines de gens, mais en plus, ce type me serrait d'un peu trop près, sentait l'alcool… Et me marchait régulièrement sur les pieds!
Quand le morceau de musique s'arrêta, le speaker annonça:
"Et maintenant, le bal est ouvert à tout le monde! Bonne soirée à tous!"
François me tenait fermement dans ses bras. Son visage s'approchait du mien pour m'embrasser. J'étais paralysé, comment devais je réagir?
Heureusement, une voix derrière moi arrêta son geste:
"Pardon de vous déranger… Florie, tu m'avais accordé cette danse, tu te souviens?"
François me relâcha immédiatement, il semblait soudain aussi gêné que moi. Il dit simplement merci, et s'éloigna. Je me retournais pour découvrir une créature androgyne dans un costume d'homme blanc immaculé. Ses longs cheveux attachés en arrière. Elle portait à la boutonnière un petit bouquet des mêmes orchidées mauves qui ornaient mes cheveux… C'était Lucie!
Elle était restée en retrait pendant toute la cérémonie, puis pendant le repas… Se contentant de prendre des photos. Elle était intervenue juste à temps pour me sortir d'une situation très inconfortable. Elle m'embrassa. Pris par l'émotion, je ne pus que murmurer:
"Attention, tu vas abîmer mon maquillage!"
Elle me regarda un instant, aussi surprise que moi par cette réaction si typiquement féminine, puis nous éclatâmes de rire ensemble.
Nous sommes restés ensemble pendant le reste de la fête.

Ce matin, deux jours après le mariage. J'étais avec Lucie chez elle quand elle reçut un coup de téléphone. Elle me dit:
"C'était ta mère! Les travaux sont terminés, tu vas enfin pouvoir emménager dans ta nouvelle chambre!"
Je fus soudain un peu désemparé. Bien sûr, c'était à l'idée de ne plus passer tout mon temps avec ma copine… Mais aussi parce que je m'étais habitué à vivre en fille. J'avais consenti tellement d'efforts pour paraître réellement féminine que c'était devenu une seconde nature pour moi.
Il y avait aussi le fait que les vacances étaient terminées, et qu'il fallait que je mette activement à chercher un apprentissage. Je devais me trouver un métier, assumer des responsabilités, bref, soudain devenir adulte!

Accompagné de Lucie, je me suis rendu au nouveau salon. Il était magnifique, joliment décoré, et équipé du matériel le plus moderne. Il était prêt pour son ouverture le lundi suivant. Nathalie et Gilles nous ont accueillis et montré toutes les installations.
Après quelques instants, Nathalie me prit par le bras en me disant:
"Viens, allons maintenant voir l'appartement, maman nous attend!"
Lucie nous suivait et nous avons laissé Gilles seul dans le salon.
L'appartement était plus petit que la maison que nous avions avant, mais il était superbe. Ma mère, Céline et Élodie se relayèrent pour tout nous montrer, à Lucie et à moi.
Après m'avoir fait visiter toutes les pièces, ma mère rassembla mes sœurs, et dit enfin:
"Il reste faire découvrir sa nouvelle chambre à notre petite Florie!"
Puis elle me poussa vers une porte, que j'ouvris, un peu effrayé par la surprise qui m'attendait.
……………………………………………

J'avais un peu d'appréhension en passant la porte, mais ce que je viens de découvrir est au-delà de tout ce que j'aurais pu imaginer. Ma chambre est totalement féminine, les murs sont d'un rose très clair, très pastel. Des rideaux et tentures mauves et roses mettent en valeur des meubles blanc cassé. Un grand lit à baldaquin est au centre de la pièce, avec une couette assortie aux rideaux. Il y a un immense miroir sur chacune des trois portes de l'immense armoire. Une commode et une coiffeuse complètent l'ensemble. Des revues féminines sont posées sur la table de nuit.
En tremblant, j'ouvre les tiroirs de la commode. Ils sont remplis de lingerie, de dentelles de bas collants et frous-frous de toutes sortes… Je me précipite vers l'armoire, et je découvre à l'intérieur des jupes, des robes, et toutes sortes de vêtements exclusivement féminins!
Ma mère s'approche:
"Alors, mon cœur, ta nouvelle chambre te plait?"
"Mais, mais… Où sont mes affaires?"
"De quoi parles-tu? Tout est là!"
Elle me regarde avec un grand sourire.
"Je veux dire… Mes affaires… Mes affaires de garçon, où sont-elles?"
"Tu n'en auras plus besoin… "
"Mais… Il faut bien que j'aille chercher un apprentissage… Trouver un métier… Je v…"
"Oh, mais ne t'inquiètes pas pour ça!" Intervient Nathalie, "Je t'embauche comme apprentie coiffeuse dans le nouveau salon!"
"Mais… Mais tout ça est tellement soudain, je ne m'attendais pas… Je veux dire, il faut que j'y réfléchisse…"
"Mais c'est tout réfléchi! Tu commences lundi!"
Je ne dis plus rien, je regarde alternativement ma mère et mes sœurs… Attendant de les voir éclater de rire. J'attendis le moment où elles me diraient en riant que c'était une blague, mais ce moment ne vient pas…
Je suis en train de comprendre que ces derniers mois n'ont été qu'une longue préparation pour cet instant.
Ma mère s'approche de moi, puis me prend dans ses bras:
"Ma chérie, j'ai toujours voulu une autre fille. Quand ton père nous a abandonnées, puis quand j'ai vu l'enthousiasme avec lequel tu as accepté d'être demoiselle d'honneur au mariage de ta sœur, je me suis dit que… "
Nathalie intervient encore: "Nous étions toutes d'accord, il fallait absolument que tu deviennes une fille!"
Un peu perdu, je me tourne vars Lucie, qui est restée un peu en retrait, mais qui s'approche immédiatement pour m'embrasser:
"Ma Florie, je t'aime tellement… Et tu sais bien que je t'ai toujours préférée en fille!"
"Tu étais d'accord avec elles depuis le début?"
"Bien entendu! C'est même moi… Enfin, ma mère qui est pharmacienne, qui a fourni les hormones que tu prends!"
"Les hormones? Quoi?… Mais…"
"Mais oui! Tu as vraiment cru à l'histoire des pilules pour maigrir? Si ça marchait vraiment, toutes les filles s'en gaveraient!"
Elle éclate de rire. En riant également, ma mère ajoute:
"Depuis toute petite, tu étais si douce, si délicate. Au fond de toi, tu as toujours voulu être une fille!"
"Mais non, je…"
"Mais si ma chérie, tu n'aurais jamais accepté de l'admettre… Tu as toujours eu cette fierté mal placée, ce défaut si typiquement masculin!"
"Alors on s'est dit qu'on allait te faciliter les choses, et qu'on n'allait pas te demander ton avis!" Intervint Nathalie.
Je regarde ma mère, mes sœurs, et Lucie. Mes yeux pleins de larmes courent de l'une à l'autre…
Les idées se bousculent dans ma tête… Oui, j'ai appris à aimer être en fille; oui, j'aime partager ces moments de douceur avec Lucie… Mais tout ça était censé n'être qu'un jeu!
Je réalise soudain qu'il n'y aura pas de retour en arrière! Je vais vivre une vie de fille… De femme, jusqu'à la fin de mes jours!


Petit Pierre

4 commentaires:

  1. Toujours aussi agreable a relire. Et bravo pour les dernieres traductions.

    Claude

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  2. J'ai déjà lu Il y a quelques temps cette histoire dans sa version anglaise. Je l'apprécie toujours autant.

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  3. Frenchie, je suis surpris. Je ne connais pas cette "histoire dans sa version anglaise". Est-ce vraiment la même histoire, ou seulement une histoire avec les mêmes inspirations?
    Si c'est la même, quelqu'un a traduit et publié mon histoire sans que je le sache... :(

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  4. Cette histoire la j'ai véritablement adorer elle comment dire super géniale à lire et à relire ces la 3 em fois je la lis à ce jour

    Merci à toi Petit Pierre

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