vendredi 8 décembre 2017

Auteur original: Tricia

Version originale sur: https://tricias-captions.tumblr.com/

Converti par maman (2)
 


Quand nous sommes revenus, Mark était assis sur le tabouret, comme s'il faisait partie des objets exposés. D'une certaine manière, il était en exposition.
Sa métamorphose était magnifique. Ma mère, mes sœurs et moi ne pouvions pas croire à quel point il - nous devrions commencer à dire elle – faisait une belle fille. Elle était encore hésitante sur la manière de croiser ses jambes, mais cela viendra. Et ses jambes étaient belles. J'étais un peu jalouse. Peut-être que ça allait marcher après tout…




"Ce n'est pas grave, Mme Fouquet, je suis plutôt content que vous ne m'ayez pas reconnu. L'année dernière, on m'appelait encore Derrick, Derrick Tate. Vous vous souvenez maintenant? Eh bien, ça s'est passé l'été dernier. Mes sœurs et ma mère trouvaient que je ne respectais pas suffisamment ma petite amie, alors elles ont décidé de me donner une bonne leçon. Je pensais que ça ne durerait qu'un mois… Et puis, je me suis habitué. Si j'ai mes papiers? Oui, là, dans mon sac."




Carl ne se faisait toujours pas à l'idée d'avoir été choisi pour interpréter un rôle féminin dans une pièce de théâtre à l'école. Il était aussi gêné par l'idée de sa mère de rester habillé en fille 24h/24 pour mieux entrer dans son rôle. Par contre, il devait admettre que la perruque rousse lui allait bien, et surtout qu'il avait énormément de chance de pouvoir se changer dans la même loge que les filles.





La tradition familiale exige que les vêtements reçus en cadeaux de Noël doivent être présentés à tout le monde dans une sorte de "défilé de mode". C'est pourquoi maman et moi avons attendu que papa et nos grands-parents soient sortis pour offrir ses cadeaux à Billy. Il a plutôt apprécié le fait de ne pas avoir à se montrer devant tout le monde. Maman avait choisi les chaussures, et moi, la robe. Billie sera magnifique pour la soirée de nouvel an!

 
 
Quand Jerry rentrait d'une séance de shopping avec sa mère, il était impatient de se photographier dans ses nouveaux vêtements, et d'envoyer les photos à sa sœur.

lundi 4 décembre 2017

Amis d'enfance (Histoire originale)



Quand j’y pense, c’est étonnant que Christian et moi soyons si proches. Nous n’avons rien en commun. Christian est très sportif, il est grand, viril et musclé. Il est le type même du beau mec qui fait craquer les filles. Je ne sais pas combien de copines il a connu… Je les ai pratiquement toutes rencontrées, mais j’ai renoncé à les compter.
De mon côté, j’étais plutôt petit et malingre. Je cachais mon visage encore enfantin derrière de grosses lunettes qui faisaient de moi une caricature de l’intello, détesté au collège. J’en souffris énormément dans mon enfance. Inutile de préciser à quel point les enfants peuvent parfois être cruels entre eux
J’étais un garçon très solitaire. Même mes parents ne s’occupaient que peu de moi. Ils n’avaient pas beaucoup de temps à me consacrer. Ils travaillaient tous les deux, et les rares fois où nous étions ensemble à la maison, ils se disputaient.
Les seules personnes qui semblaient un peu s’intéresser à moi étaient mes professeurs, parce que j’étais plutôt doué en classe, mais peut-être aussi un peu par pitié.

Ma vie changea quand Christian est entré dans ma classe de sixième. Le professeur nous le présenta comme un nouvel élève et le fit asseoir à côté de moi. Je fus immédiatement impressionné, et un peu effrayé aussi, par sa taille. A lui seul, il occupait pratiquement toute la table et ne me laissait qu’un tout petit espace pour travailler. Le professeur m’expliqua que Christian avait quelques difficultés scolaires, et qu’il comptait sur moi pour l’aider. Les premiers jours, Christian ne m’adressa quasiment pas la parole.
Notre amitié est curieusement née grâce à une interrogation écrite de maths. Christian avait copié sur moi, et le professeur s’en était rendu compte. Il vint nous voir en rendant les copies :
"Christian, c’est très suspect que vos résultats se soient améliorés à ce point ! Je crois que vous avez copié sur votre camarade, et je vais être obligé de vous mettre un zéro !"
Je ne sais pas pourquoi j’intervins à ce moment, je crois que j’avais un peu peur que Christian ne se venge sur moi :
"Non monsieur, Christian n’a pas copié !"
Je voyais bien que le professeur ne me croyait pas, mais j’insistais : 
"Nous avons révisé ensemble ! Vous aviez demandé que je l’aide… C’est ce que j’ai fait !"
Je devais être rouge d’oser mentir à ce point, le professeur regarda mon voisin dans les yeux, comme pour y trouver la vérité. Christian me regarda longuement avec un air surpris, puis confirma mon mensonge avec empressement. Le professeur accepta finalement de lui laisser sa bonne note.
Pendant plusieurs jours, je crus que j’avais fait une énorme bêtise en mentant ainsi au professeur de maths. Christian ne me montra à aucun moment une quelconque reconnaissance…
Jusqu’à ce jour où, une fois de plus, j’étais la cible des quolibets de mes camarades. Jérôme, la terreur de la cour de récréation, m’avait pris mes lunettes et les tenait en l’air. J’essayais de les récupérer, tandis que Jérôme me repoussait d’une main. Mes efforts désespérés faisaient beaucoup rire la dizaine de garçons qui nous entouraient. Soudain, les rires cessèrent quand une voix forte se fit entendre :
"C’est un peu trop facile de s’attaquer à un petit ! Tu devrais plutôt te mesurer à moi !"
C’était Christian qui venait à ma rescousse. D’une main, il saisit le bras qui tenait mes lunettes et le tordit. Jérôme hurla de douleur et tomba à genoux. Un de ses amis essaya d’intervenir, mais Christian le repoussa si fort de sa seule main libre qu’il tomba sur les fesses. Puis, il prit les lunettes pour me les rendre, sans lâcher sa prise sur le bras de Jérôme. Après un instant pendant lequel on n’entendait plus que les gémissements de douleur de Jérôme, Christian annonça calmement :
"Le prochain qui s’attaquera à Pierre aura affaire à moi !"
Puis, se baissant à la hauteur du visage de Jérôme, il ajouta :
"Est-ce que c’est bien clair ?"
Le visage déformé par la douleur, Jérôme promit de me laisser tranquille. Sans un mot de plus, Christian s’éloigna. D’abord un instant très surpris, je me mis à courir pour le rejoindre.
"Christian, je ne sais pas ce que je peux faire pour te remercier…"
"Moi, je sais… L’autre jour, tu as menti au prof en disant qu’on avait bossé ensemble…"
"Euh, oui ?"
"Je crois que c’est ce qu’on devrait faire : bosser ensemble… Tu es plutôt doué… Et moi, je ne peux pas me permettre un nouveau redoublement !"
"Oh, tu as redoublé ?"
"Ouais, déjà deux fois !"
C’est ainsi que notre amitié débuta.
………………………